OCP muscle son bilan avec une émission hybride de 5 MMDH

Le groupe OCP a finalisé une nouvelle opération d’envergure sur le marché de la dette. Son émission obligataire subordonnée perpétuelle, d’un montant de 5 milliards de dirhams (MMDH), a été intégralement placée auprès d’investisseurs institutionnels. Derrière cette levée, le groupe consolide ses fonds propres économiques et renforce sa marge de manœuvre financière pour accompagner ses grands chantiers industriels et durables.
OCP continue de travailler sa structure financière. Le groupe a bouclé, par appel public à l’épargne, une émission d’obligations subordonnées perpétuelles de 5 milliards de dirhams (MMDH), intégralement placée auprès des investisseurs institutionnels de la place. Une opération qui confirme, une nouvelle fois, la profondeur de la signature OCP sur le marché domestique. Ce financement n’a rien d’un emprunt classique. Il s’agit d’un instrument hybride, à mi-chemin entre dette et fonds propres économiques. Sa maturité perpétuelle, son rang subordonné et la possibilité de différer le paiement des intérêts lui donnent un statut particulier dans la gestion du bilan. Pour un groupe engagé dans une trajectoire d’investissement lourde, ce type d’instrument permet de lever des ressources longues tout en préservant la flexibilité financière.
Une opération pensée pour renforcer le capital
L’émission s’inscrit dans la feuille de route financière du groupe. Elle avait été prévue en amont et validée par les organes de gouvernance. Son objectif est clair : renforcer durablement la structure de capital d’OCP, diversifier ses sources de financement et soutenir l’équilibre de son bilan. Le recours à ce format hybride n’est pas nouveau pour le groupe. Il s’agit de sa quatrième émission d’instruments hybrides sur le marché domestique. Cette récurrence traduit une maîtrise croissante de ce levier de financement, déjà largement utilisé par de grands émetteurs internationaux. Elle intervient aussi après une émission hybride internationale, confirmant la capacité d’OCP à mobiliser les marchés de capitaux, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Pour OCP, il ne s’agit pas seulement de lever 5 milliards de dirhams, mais de consolider un socle financier capable d’accompagner son programme de transformation industrielle et ses engagements de développement durable.
Les OPCVM captent l’essentiel de l’allocation
La structure de la souscription montre une forte présence des OPCVM. Ces derniers se sont vu allouer 4,225 milliards de dirhams, soit l’essentiel du montant mobilisé. Les organismes de retraite et de pension ont souscrit à hauteur de 500 MDH, tandis que les entreprises d’assurance et de réassurance représentent 275 MDH. Cette répartition témoigne de l’appétit des investisseurs institutionnels pour la signature OCP. Elle confirme aussi que le marché marocain reste capable d’absorber des opérations de grande taille, y compris sur des instruments plus techniques que les obligations ordinaires. L’émission a été structurée en quatre tranches non cotées, avec une valeur nominale de 100.000 dirhams par titre. Les taux faciaux varient selon les tranches, allant de 2,87% pour la première année sur la tranche révisable annuellement, à 4,82% pour la tranche révisable tous les 20 ans.
La tranche courte plébiscitée
Dans le détail, la tranche A, révisable annuellement sur la base du taux 52 semaines, concentre la plus grande partie de l’allocation, avec 3,935 milliards de dirhams. Ce choix traduit une préférence marquée des investisseurs pour une révision plus régulière du rendement, dans un environnement où la trajectoire future des taux reste un paramètre suivi de près. Les autres tranches ont été moins sollicitées. La tranche C, révisable tous les 12 ans, a été servie à hauteur de 460 millions de dirhams. La tranche B, révisable tous les 6 ans, a atteint 360 millions de dirhams, tandis que la tranche D, révisable tous les 20 ans, représente 245 millions de dirhams.
Cette émission confirme la confiance des investisseurs dans les fondamentaux d’OCP et démontre la capacité du groupe à structurer des financements longs, adaptés à ses besoins de développement. Elle renforce aussi le rôle du marché domestique dans l’accompagnement des grands émetteurs marocains.
CDG Capital et Attijari Finances Corp. sont intervenus en qualité de conseils. Le placement a été assuré par CDG Capital et Attijariwafa Bank.








