Rebond épidémique en Europe: l’Euro 2020 pointé du doigt

Après avoir fait vibrer les amoureux du ballon rond pendant un mois, le championnat d’Europe de football (Euro 2020) s’achève ce dimanche à Wembley avec l’affiche Angleterre-Italie.

S’il a tenu toutes ses promesses sur le plan sportif, avec du beau jeu, des émotions et du suspense, ce tournoi, qui était particulièrement attendu par les fans après avoir été reporté d’un an à cause du coronavirus, se trouve pourtant pointé du doigt pour son possible rôle dans le rebond de la pandémie en Europe.

Alors que la tendance était à la baisse dans la plupart des pays européens durant de nombreuses semaines, menant les autorités locales à lever la majorité des restrictions au cours de la dernière semaine de juin, soit une quinzaine de jours après le début de l’Euro, le nombre de contaminations a augmenté de 10% sur tout le Vieux continent.

Réagissant à cette hausse des cas de coronavirus, Hans Kluge, directeur d’OMS d’Europe, n’a pas exclu que l’Euro puisse avoir contribué à la dégradation de la situation épidémiologique en Europe.

Selon lui, les infections augmentent en raison « de l’augmentation des brassages, des voyages, des rassemblements et de l’assouplissement des restrictions sociales ».

Ces derniers jours, plusieurs foyers de contamination ont été en effet détectés en Europe en lien avec l’Euro. Quelque 2.000 Écossais ont été ainsi diagnostiqués positifs après avoir assisté à des matchs en Écosse et en Angleterre, tandis que 300 supporters finlandais se sont révélés porteurs du variant Delta à leur retour de Saint Pétersbourg après le match face à la Belgique.

Organisé exceptionnellement dans 11 villes à travers toute l’Europe avec des milliers de supporters qui se déplacent d’un pays à l’autre, cet Euro a soulevé plusieurs interrogations bien avant son entame vu les défis qu’il pose sur le plans logistique mais surtout sanitaire.

L’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, avait pourtant précisé avoir mis en place un protocole sanitaire strict et une série de mesures pour éviter les contaminations dans les stades. Concernant la capacité des stades, les villes hôtes avaient à décider des jauges à respecter pour les matchs.

Mais avec la propagation rapide du variant delta, très contagieux, dans des villes qui accueillent des matchs de l’Euro, les inquiétudes grandissaient quant à une nouvelle envolée des cas de Covid-19.

C’est le cas notamment de Londres, où 60.000 spectateurs ont été autorisés à assister aux demi-finales et à la finale dans le stade de Wembley au lieu des 40.000 initialement prévus.

Alors que le Royaume-Uni voit les contaminations quadrupler en un mois, les critiques fusent à l’adresse de l’UEFA s’agissant de la tenue des derniers matchs de l’Euro dans un pays qui connait une flambée du virus.

La semaine dernière, le Premier ministre italien Mario Draghi avait fait part de ses inquiétudes, émettant le souhait que la finale « ne se déroule pas dans un pays où les contagions sont en train de croître rapidement ».

Même son de cloche pour la chancelière allemande Angela Merkel qui a exprimé sa grande préoccupation quant au nombre de supporters autorisés à assister aux demi-finales et à la finale de l’Euro à Londres, alors que le variant delta continue sa progression rapide au Royaume-Uni.

Mais au-delà des mesures sanitaires et des éventuelles contaminations dans les stades, les rassemblements des supporters en dehors des stades sont également source d’inquiétude.

« Nous avons besoin de regarder bien au-delà des stades eux-mêmes », a averti Catherine Smallwood, une responsable d’OMS Europe. Appelant à mieux suivre ce que les spectateurs peuvent faire « quand ils quittent le stade », elle a prévenu que de grands rassemblements peuvent « jouer le rôle d’amplificateur en termes de transmission ».

Les professionnels de la santé tirent eux aussi la sonnette d’alarme, ne cachant pas leur crainte d’un Euro « supercontaminant ». Gilbert Deray, chef du service néphrologie de l’hôpital « la Pitié-Salpêtrière » à Paris va même jusqu’à qualifier l’Euro de « scandale sanitaire », dénonçant « le silence des autorités sportives ».

S.L. (avec MAP)


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