Mohamed Boudrika: les dessous d’une démission

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Par Youssef Chani

Lors de l’assemblée générale ordinaire du Raja Club Athletic section football, devenue extraordinaire, les participants ont éprouvé le sentiment que le président voulait en finir le plus vite possible, démissionner et quitter la salle.

Après la lecture habituelle du rapport moral et financier, le débat a été ouvert et les adhérents se sont succédé pour prendre la parole. La majorité des interventions ont évoqué le volet financier et la dette du club.

Le déficit du club s’élevant aux alentours de 30 millions de dirhams, certains adhérents ont reproché au président sortant d’avoir endetté et engagé le club dans des dépenses qui pourraient entraver son bon fonctionnement. D’ailleurs, le commissaire aux comptes présent à la tribune a émis un avis grave de conséquences : risque de faillite et par la suite fin de la vie du club.

Adil Bamaarouf qui était il y a plus d’un an et demi vice-président de Boudrika, a souligné qu’il avait décidé de retirer sa candidature à la présidence à cause de l’absence d’éléments-clés, à savoir d’une liste définitive d’adhérents ayant le droit de vote, et aussi à cause de la situation financière floue qui rend difficile de déterminer le déficit exact du club.

Après avoir approuvé le rapport moral et financier en levant la main, ce que n’ont pas appréciés certains adhérents, le président Mohamed Boudrika a annoncé sa démission et s’est retiré. C’est à ce moment-là, vers deux heures du matin, que des échauffourées ont eu lieu entre le camp qui insistait pour un vote dans les urnes et l’autre, majoritaire, qui considérait ce mode de scrutin comme une perte de temps.

Après le retrait d’Adil Bamaarouf, il n’est resté que la liste de Saïd Hasbane qui est devenu président du Raja. Il était déjà présent dans le comité d’Abdellah Ghalam, en 2010. En 2011, il était candidat, mais s’était retiré au dernier moment en faveur de Abdeslam Hanat qui s’était succédé à lui-même devant un certain Mohamed Boudrika, suite à une rude épreuve de vote à cette époque-là. On a entendu dire que Abdeslam Hanat a renvoyé l’ascenseur à Saïd Hasbane en lui offrant son appui s’associant à d’autres soutiens très influents dans le cercle du Raja.

Homme politique, Saïd Hasbane milite dans le parti du mouvement populaire et jouit de l’appui considérable de son secrétaire général, Mohand Laenser.

Lors de sa première déclaration après son élection, il s’est voulu fédérateur et rassembleur. Il a invité toutes les composantes du Raja, en l’occurrence les anciens présidents, à travailler main dans la main pour redresser la situation financière du Raja le plus vite possible.

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