La violence règne en maître dans la campagne électorale

La campagne électorale menée depuis le 25 septembre a révélé l’état de sous-développement des partis politiques qui ne respectent pas l’une des bases de la démocratie qu’est la différence.

Depuis le début de la campagne électorale, les actes de violence ne cessent de se multiplier. La première victime déclarée est une militante du PAM qui figure deuxième sur la liste du candidat Selouani, un dissident du PJD, qui se présente à Fès contre ses ex-camarades. Cette dame, médecin de son état, a été agressée à l’arme blanche par des sympathisants du parti de la lampe. Cela s’est passé au premier jour de la campagne.

Depuis, ce sont des dizaines de cas qui ont été enregistrés un peu partout dans le Maroc, n’épargnant ni villes ni campagnes. Plusieurs partis politiques y sont impliqués. Des escarmouches plus ou moins violentes opposent les sympathisants des uns et des autres et ciblent même des dirigeants, comme cela s’est produit à Azilal, où deux membres du bureau politique du PAM ont été arrosés à coups de pierre par des membres du PPS.

Tard dans la soirée de lundi, c’est ce même PPS qui diffuse un communiqué dénonçant les agressions dont ont été victimes ses militants dans cette même province.

A Kénitra, ce sont des militants du PJD et du PAM qui se sont confrontés. Et la liste est longue et elle vient d’être complétée par l’odieuse agression de deux agents d’autorité à Kénitra et à Berkane. Et même les provinces sahariennes n’ont pas été épargnées puisque la ville de Boujdour, a vécu des affrontements violents entre les sympathisants du Mouvement populaire et ceux du PAM.

Cette violence prouve d’abord, que les partis politiques font appel à de véritables milices pour mener leurs campagnes. Il ne s’agit plus de militants, bien encadrés et bien formés, qui défendent les programmes et les visions de leurs formations et essaient de persuader les gens du bien-fondé de leurs approches. Rien de tout cela n’est plus d’usage. Les partis recrutent des jeunes désoeuvrés payés à la journée pour faire du tapage et si possible déclencher des bagarres avec d’autres concurrents pour les écarter de l’espace. C’est le niveau Zéro de l’encadrement partisan auquel assiste la population médusée par des comportements indignes d’une société qui aspire, encore, à édifier une démocratie.

Mais, il faut mentionner que des exceptions viennent heureusement contredire cette fâcheuse tendance à employer la force. Deux formations se sont illustrées par une campagne propre et plus ou moins bien encadrée. Il s’agit de l’USFP et de la FGD, qui ont mobilisé leurs militants pour la cause et n’ont pas répondu ni aux multiples provocations qui leur ont été adressées ni aux agressions dont ils ont été victimes, comme cela s’est passé à Sidi Slimane. Pour le reste, ce ne sont que des procédés contraires à l’esprit de l’émulation démocratique.

M.D.


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