Samir et Afriquia: la CGEM au coeur d’une nouvelle polémique

C’est une nouvelle polémique dont la CGEM se serait bien passée. Dans un communiqué laconique, parvenu à Le Site info dans la soirée du lundi, la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc) explique avoir “appris avec étonnement, dimanche 28 octobre 2018, que M. Mohammed Benmoussa s’est exprimé par voie de presse sur des questions ayant trait à l’économie nationale en se prévalant de sa qualité d’Économiste en Chef de la CGEM”.

Le communiqué ajoute que “la CGEM tient à préciser que M. Benmoussa n’a pas été mandaté pour s’exprimer au nom de la Confédération ni au nom du Groupe parlementaire de la CGEM à la Chambre des Conseillers”. Et de conclure que “les propos tenus par M. Benmoussa n’engagent que lui et ne sauraient exprimer une quelconque opinion de la Confédération”.

D’où vient exactement cette histoire et qu’est-ce qui a déclenché ce tohu-bohu?

Le coup est parti d’une interview de Benmoussa à Le Desk. Lorsque la journaliste lui demande si le groupe Akwa “tire les ficelles” du secteur des hydrocarbures, Benmoussa, qui parle au nom de la CGEM, répond tout de go qu’il ne faut pas “confondre l’exercice du pouvoir politique avec la pratique des affaires” et affirme que le groupe Akwa “contrôle 40 % d’un marché où les opérateurs fonctionnent selon la logique d’un cartel”. Il va plus loin et pense que “la libéralisation des prix des hydrocarbures mal pensée par nos politiques a permis d’offrir sur un plateau d’argent 17 milliards de dirhams aux distributeurs pétroliers en l’espace de 24 mois”.

Des attaques qui ont indigné le groupe Akwa et surpris les responsables du secteur. Le Directeur général d’Afriquia Saïd El Baghdadi s’est dit très surpris par ces allégations. Dans une interview accordée à nos confrères d’Aujourd’hui le Maroc, il s’est demandé d’où viennent ses “déclarations faites par un personnage qui se prétend expert en la question, d’autant plus que le nom est complètement inconnu du secteur pétrolier”.

Il explique que “Afriquia a toujours été le plus grand client de la Samir, même à la veille de sa fermeture et a réglé l’ensemble de ses factures à la raffinerie au même titre que tous les opérateurs du secteur”.

Et d’ajouter que “les importations ne peuvent servir de prétexte aux difficultés rencontrées par la raffinerie car celles-ci ont été libéralisées en 2002 dans le cadre des Accords de libre-échange, soit 16 ans avant la fermeture de la Samir”.

Baghdadi note que “les parts de marché réelles sont bien en deçà du chiffre avancé”, et dit “ne pas comprendre pourquoi certaines parties tentent sciemment et désespérément de nous mêler à ce dossier qui est aujourd’hui entre les mains de la justice”. Et de conclure qu’ “Afriquia n’est concernée ni de près ni de loin par ce dossier et n’est pas intéressée par une reprise de la Samir”.

Le DG d’Afriquia va entamer des actions en justice pour réparer le préjudice occasionné par la diffamation subie, rapporte enfin Aujourd’hui Le Maroc.

Hicham Bennani

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