PJD: à quoi joue Abdelali Hamieddine?

Abdelali Hamieddine ne cesse de faire des siennes et, encore une fois, il a mis les pieds dans le plat avec ses critiques sur la monarchie marocaine et sa place au sein de la vie politique du Royaume. Aussi, encore une énième fois, met-il son parti dans l’embarras, alors que le parti de la Lampe est aux affaires.

Des propos tenus le 10 juillet, à Dayt Roumi aux environs de la ville de Khemisset, dans la cadre d’un débat interne du parti islamiste, qui ont interpellé plusieurs observateurs de la chose politique dans nos murs, entres autres analystes politiques. Parmi ceux-ci, l’expert en droit international, Sabri Lhou, exprime son opinion sur l’intervention de Hamieddine qui n’en est pas, loin s’en faut, à un faux pas politique près. Pour le politologue, ladite intervention intempestive, pointant la monarchie, exprime la position de « certains faucons du PJD », tout en soulignant qu’il faut prendre avec beaucoup de prudence et de précaution les dires du dénommé Hamieddine.

Sabri Lhou a aussi rappelé que le dirigeant PJDiste controversé n’est pas parvenu à faire face aux nombreuses critiques que son comportement suscite, tous azimuts. Et de préciser que Hamieddine est issu de la mouvance islamiste, au sein de l’université, à une époque où le désamour pouvoir-forces progressistes était à son comble. Conflit latent qui se manifestait, surtout, à travers l’opposition estudiantine de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM).

Et le politologue de rappeler également que ledit conflit avait été l’occasion pour les mouvances estudiantines islamistes d’essayer de « formater » la gauche marocaine, dans le but d’infiltrer l’UNEM qui était un espace prolifique de débats politiques intenses.

Abdelali Hamieddine était un membre actif de cette mouvance islamiste, ajoute Me Lhou, évoquant que le dirigeant PJDiste n’est pas encore sorti de l’auberge en ce qui concerne l’affaire de l’assassinat de Mohamed Aît Jid, étudiant de gauche, où il est fortement impliqué. Sa position à l’encontre de la monarchie ne saurait être gratuite et fait sûrement partie d’une démarche bien étudiée selon les règles du jeu politique établies par le PJD, assène l’avocat à Fès. « Sinon, pourquoi ce timing? », s’interroge-t-il.

Sabri Lhou, dans un véritable réquisitoire, s’insurge contre les propos qu’il juge graves et dangereux de Hamieddine. Quels que soient les mobiles de ce discours, conclut-il, celui-ci reste du fait du dirigeant PJDiste polémique, ainsi que celui du courant proche de Benkirane.

A noter que le PJD a réagi à cette intervention, en constituant un comité dont la mission est d’enquêter sur les tenants et aboutissants de cette affaire. Un communiqué du parti de la Lampe, publié jeudi 12 juillet, annonce que ledit comité est supervisé par le secrétaire général du PJD, Saâeddine El Othmani, présidé par Driss El Azami El Idrissi et dont les membres sont Nabil Chikhi, Mohamed Hamdaoui et Rachid Lamdaouar. Sa mission est d’enquêter sur « la publication de certaines interventions filmées lors du séminaire national du Dialogue interne du PJD.ma, sans l’autorisation de la direction du parti ».

Larbi Alaoui


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