Neila Tazi n’y est pas allée de main morte pour El Othmani

La question orale de la représentante de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), au sein de l’Hémicycle, adressée au chef de gouvernement, Saâeddine El Othmani, porte sur la refonte du modèle de développement marocain.

Neila Tazi demande au gouvernement El Othmani quels sont les outils appropriés qu’il compte mettre en oeuvre pour stopper la désorganisation, le chaos et la corruption que connaît la structure économique du pays.

La députée du patronat marocain a insisté sur le fait de lutter contre « al fassad » (c’est-à-dire la corruption), le clientélisme et le népotisme. Cela doit être « l’une des priorités », sous toutes ses formes, « comme l’ont souvent rappelé les discours royaux, à maintes occasions ».  Neila Tazi a également précisé que nul développement ne peut être concrétisé tant que la corruption reste omniprésente. Toutefois, elle a tempéré ses critiques en reconnaissant les efforts du gouvernement en ce qui concerne l’amélioration du climat des affaires, tout en demandant davantage de réformes du secteur.

« Malgré toutes les mesures prises, le Maroc demeure en queue de peloton dans le classement international, selon les rapports de la  Banque mondiale. Et la corruption qui sévit est chèrement payée par le Royaume: 50 milliards annuellement, soit 2% du développement économique », a-t-elle déploré.

De même que la représentante de la CGEM au sein du Parlement a assuré que les grosses sommes d’argent qui « saignent à blanc » le Maroc auraient pu être beaucoup plus utiles à renflouer les budgets d’autres secteurs vitaux, tels que la Santé. Elles pourraient aussi servir à une nouvelle initiative qui consisterait à faire bénéficier d’un salaire mensuel aux familles démunies. Celles-ci auraient ainsi un pouvoir d’achat plus conséquent, leur permettant la participation à l’économie nationale et au développement des petites entreprises.

Neila Tazi a conclu sa question orale en insistant sur le fait que les principes de la lutte contre »Al fassad » resteront paralysés s’il n’y a pas un travail de fond sur les valeurs de « l’égalité des chances et de la justice sociale ». Et ce, notamment pour que le Maroc « puisse bénéficier des compétences et des expertises des femmes ».  Tous les rapports s’accordent à dire que la présence de femmes dans les postes de décision et les conseils d’administration a un impact immédiat sur la bonne gouvernance et la performance des organisations et des entreprises.

L.A et R.T.

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