Mohamed El Yazghi tacle le PJD

Mohamed El Yazghi, l’ancien premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a vivement critiqué l’instrumentalisation de la Constitution 2011, par l’ancien gouvernement de Benkirane et l’actuel gouvernement El Othmani.

Mohamed El Yazghi, 84 ans, qui vit en reclus de la politique et qui rarement par les temps qui courent, se manifeste médiatiquement, a tout de même considéré dans un entretien qu’il a bien voulu accorder à nos confrères de Hespress, que  “quoique la Constitution ne soit pas parfaite, elle contient néanmoins des éléments et des principes fondamentaux qui pourraient contribuer au développement du pays, ce qui présenterait d’importants gains politiques. Malheureusement constate El Yazghi, de nombreuses attentes demeurent quant à la mise en œuvre de ce document constitutionnel comme par exemple l’appropriation parlementaire”.

Celui qui tel le ‘’Poulidor’’ de la légende sportive accompagna politiquement et d’un militantisme sans faille, tout au long de l’histoire de l’USFP, les grands leaders de l’illustre parti devenu aujourd’hui, par la force des choses, l’ombre de lui-même, regrette cependant que l’interprétation démocratique de la constitution ait été volontairement faussée.

‘’Cela explique les crises qu’ont traversé et que traversent actuellement les différents gouvernements depuis que le PJD les dirige (Benkirane & El Othmani) et qui furent formés après que la nouvelle Constitution ait vu le jour en 2011. Ces derniers portent lourdement la responsabilité quant à la réalité effective du terrain. On assiste à un statisme alors que la gestion de crise de cette situation nécessite plus de souplesse et de doigté”, estime-t-il.

In fine, selon Mohamed El Yazghi, cela suscite chez le peuple marocain le sentiment de vivre et de patauger dans une crise sans fin, que ce soit au niveau du chômage ou d’autres problèmes. Cela donne lieu à des mouvements de protestation légitimes qu’ils soient de nature syndicales ou qu’ils proviennent d’autres manifestations spontanés rurales et urbaines que l’exécutif  d’un manque de maîtrise manifeste n’est pas arrivé ou n’arrive pas à endiguer.

L’ancien premier secrétaire de l’USFP soulève par ailleurs le désintéressement chronique des jeunes envers la politique, une réticence qu’il considère comme un véritable problème car le Royaume ne pourra jamais se développer sans sa jeunesse.

Enfin, El Yazghi conclut: “Conformément à l’appel de SM le roi Mohammed VI à un nouveau modèle de développement, le gouvernement se doit de saisir l’occasion et ouvrir un grand débat national avec le parlement, les partis, les syndicats et la société civile pour convenir d’une formule de compromis susceptible de nous amener à des lendemains meilleurs.

Pour ce qui est de ce qu’il pense actuellement de sa famille politique, l’USFP dirigé par Driss Lachgar, El Yazghi a préféré botter en touche.

M.J.K.

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