Maroc: que sont-ils devenus après le séisme royal?

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Que sont-ils devenus? “Ils”, ce sont les ministres et les hauts responsables du gouvernement qui ont fait les frais du séisme politique décidé par le roi Mohammed VI, il y a de cela plusieurs mois déjà. Ceci, l’on s’en rappelle, suite aux nombreux dysfonctionnements et retards constatés dans la réalisation de ce projet d’envergure qu’est: “Al-Hoceima, phare de la Méditerranée” et des lourdes conséquences engendrées par le Hirak du Rif et les évènements de Jerada.
Ainsi, le souverain avait limogé plusieurs ministres et hauts responsables, conformément à l’article 47 de le Constitution. Celui-ci stipule, entre autres, que “le Roi peut, à son initiative, et après consultation du chef du gouvernement, mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs membres du gouvernement”. Le Site info VA a mené l’enquête.
Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) avait payé le plus lourd tribut puisque son secrétaire général, ministre de l’Urbanisme de l’habitat et de la politique de la ville, Mohamed Nabil Benabdellah, a été démis de ses fonctions. Le même sort avait été réservé à son camarade, El Houcine Louardi, ministre de la Santé. Le parti du Livre n’en avait pas fini avec cette hémorragie car Charafat Afilal a été débarquée, plus tard. Le bras de fer l’ayant opposée au ministre PJDiste, Abdelkader Amara, avait fini par avoir raison de la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau!
Qu’en est-il des autres limogés? Il s’agit du Harakiste Mohamed Hassad, ministre de l’Education nationale du gouvernement El Othmani et ex-ministre de l’Intérieur du gouvernement Benkirane. Larbi Bencheikh, patron de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, a été également concerné. Quelques mois plus tard, c’était au tour du RNIste Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des finances d’être limogé “dans le cadre du principe de reddition que le roi est soucieux d’appliquer à tous les responsables, quels que soient leur rang ou leur appartenance”, avait annoncé un communiqué du Cabinet royal.
Et maintenant?
Une source au sein du Parti du Progrès et du Socialisme a déclaré à Le Site info que, depuis son limogeage, le patron des Camarades est sur la brèche, particulièrement concernant les affaires courantes du parti du Livre. Ainsi, le secrétaire général est souvent présent au siège du PPS à Rabat et multiplie sa participation aux différents meetings populaires organisés aux quatre coins du pays.
Quant à El Houssaine Louardi, il est toujours membre du Bureau politique du PPS et, parallèlement à ses activités politiques, exerce comme praticien au service des urgences du CHU Ibn Rochd, à Casablanca. La même source a affirmé que les deux hommes n’auront plus la possibilité d’exercer une quelconque fonction officielle étatique. Ce qui est d’ailleurs le cas pour d’autres ministres et responsables limogés.
Charaf Afilal, elle, est très active au sein du BP du parti. Selon notre source, il se peut qu’elle reprenne son poste d’ingénieur à l’Office national de l’eau potable (ONEP)
Mohamed Hassad, de son coté, avait reçu un autre camouflet après son limogeage. En effet, le Mouvement populaire avait exclu son nom de la liste des candidats au poste de secrétaire général. Le refus du parti de l’Epi avait justement pour raison le fait que Hassad ait été démis de ses fonctions. Une source de Le Site info affirme cependant qu’il est toujours membre du BP et qu’il exerce ses activités d’homme d’affaires entre le Maroc et la France.
Le dernier limogé en date, Mohamed Boussaid, a été écarté du BP du Rassemblement national des indépendants et n’assiste plus aux réunions de la section du parti de la région Casablanca-Settat. Ce qui signifier qu’il n’assume plus sa responsabilité de coordinateur au niveau régional.
De son côté, Larbi Bencheikh avait été d’une franchise inouïe en déclarant à Le Site info que la décision du roi de le démettre de ses fonctions à la tête de l’OFPPT était juste et équitable. “Nous nous devons de servir le pays et Sa Majesté. Et les décisions du roi étaient légitimes”, a-t-il ajouté.

Les persona non grata du Palais royal

Ces limogeages précités ont été précédés par ceux d’autres ministres et hauts responsables du gouvernement Benkirane. Ainsi, Hakima El Haite, ex-ministre déléguée chargée de l’Environnement a été débarquée suite à la polémique concernant les déchets italiens. Elle vit actuellement au Canada et exerce au sein d’une instance internationale environnementale.
De son côté, Lahcen Haddad, ancien ministre du Tourisme, a repris le chemin d’une faculté marocaine en tant que professeur universitaire. Il rédige également des articles sur des sites scientifiques internationaux. Rachid Belmokhtar, ex-ministre de l’Education nationale, à qui l’on doit le système informatique “Massar”, est redevenu membre de la société IMEG (Informatique et méthodes de gestion). Société dont il a été d’ailleurs l’un des fondateurs, avec d’autres ingénieurs.
Parmi les persona non grata du Palais royal, il faut également citer les noms de Lahcen Sekkouri et Mohamed Amine Sbihi, respectivement ex-ministre de la Jeunesse et des sports et ex-ministre de la Culture.

Et Benkirane?

L’ex-chef de gouvernement et ancien patron du parti de la Lampe n’a pas, semble-t-il, compris la leçon et tiré les conclusions adéquates. Il devrait, selon d’aucuns, et non des moindres, suivre le judicieux conseil de Pangloss, personnage de “Candide” de Voltaire: “Cultivons notre jardin!”. Ce qui signifie se faire petit, se faire oublier et s’occuper de ses propres affaires, personnelles et familiales. Au lieu de cela, et depuis qu’il n’est plus, ni à la tête de l’Exécutif, ni secrétaire général du PJD, Abdellilah Benkirane s’occupe de tout et de rien. Via sa page Facebook, via des médias, il donne son avis concernant tous les sujets, des plus importants aux plus anodins. Tirer plus vite que son ombre semble être le sport favori de notre Benkirane national depuis son limogeage!

Larbi Alaoui et Yassine Hassnaoui

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