La popularité d’Akhannouch va au delà du RNI (entretien)

redaDans cet entretien, Reda El Ourouba, membre du conseil National du RNI revient sur les derniers résultats des élections et analyse la situation de son parti. Instructif. 

Quelle est votre évaluation des résultats globaux des élections du 7 octobre ?

Même si tout le monde s’accorde sur la transparence et l’exemplarité du déroulement des dernières élections, ce qui est une réussite en soi, les résultats cachent des points à prendre au sérieux. Avec un vote des moins de 35 ans à seulement 10% et une participation féminine de 20%, sur certaines régions comme Rabat elle frôle les 0%, nous sommes devant un échec total des hommes politiques à convaincre les femmes et les jeunes à s’intéresser à  la politique. Les partis politiques, sans exception, doivent tirer les conclusions de ces résultats. Le RNI a vite réagi par la démission de son président. Les autres partis devaient s’en inspirer.

Quelle est votre appréciation de l’élection d’Akhannouch à la tête du RNI et que pouvez-vous dire sur les attaques qu’il subit ?

Akhannouch est un homme qui jouit d’une très grande popularité qui va au delà du RNI. Il a également un charisme et un sérieux qui font de lui un homme capable de porter la voix du RNI avec succès durant cette étape. Concernant les attaques dont il est la cible par la presse et les milices électroniques de certains partis, je vous rassure : cela n’a rien à voir avec les tractations de formation du gouvernement. Les attaques ont commencé avant même ces tractations, elles ont commencé le jour même où le parti à annoncé la candidature de Aziz Akhannouch.

Quelles sont les vraies raisons derrière ces attaques ?

Les résultats des élections ont dévoilé une bipolarité aussi fictive que dangereuse pour notre paysage politique national. Avec un homme crédible et rassembleur comme Si Aziz à la tête du RNI, l’espoir d’un centre fort et uni, pour éviter cette bipolarité, émerge et commence à se concrétiser avec les alignements stratégiques RNI-UC et MP. Benkirane sera le premier perdant d’un tel scénario, car il aura devant lui un centre qu’il est incapable de diaboliser par des accusations qu’il s’est habitué à utiliser contre ses adversaires du PAM.

Quelle est la vision du RNI à propos du futur gouvernement ?

Le RNI a toujours été très clair sur ses positions à ce sujet. La priorité va d’abord à l’alignement sur la vision et le programme commun, ensuite il doit porter sur l’équipe elle-même qui doit être solidaire et sérieuse. Le discours de Dakar de Sa Majesté a mis l’accent sur ce point précis : la majorité gouvernementale ne doit pas être une majorité arithmétique, mais une majorité de cohérence, de sérieux et d’efficacité. Aujourd’hui, Benkirane essaie d’imposer dans la majorité un parti qui, pas plus loin qu’en 2012, lui avait dressé une longue liste de conditions pour rester au gouvernement, mais qui aujourd’hui souhaite intégrer le gouvernement sans aucune condition ! Cela n’est ni sérieux,  ni cohérent, ni efficace. Le RNI refuse que le gouvernement soit vu comme un gâteau à se partager, c’est une lourde responsabilité et il n’y entrera qu’une fois les conditions du succès rassemblées.

Que pensez-vous des révélations par Benkirane des propos exprimés lors des consultations ?

J’ai appris par la presse que Driss Lachgar s’est plaint du même comportement bavard. C’est un comportement irresponsable et indigne d’un homme d’Etat. Cela doit cesser immédiatement. Imaginez des responsables politiques étrangers qui apprennent ce genre de choses ! Quelles discussions pourront-ils se permettre d’avoir avec le chef de gouvernement ? Certainement pas le type de discussions qu’ils risquent voir imprimées dans la presse jaune le lendemain ! Je pense qu’un minimum de sérieux ne fera de mal à personne.

Comment voyez-vous la probable future majorité gouvernementale ?

A juger par le vote populaire, la majorité sortante a gagné la majorité des voix des électeurs, même avec les réserves et remarques que j’ai mentionnées au début. Il n’y a donc pas de raison politique pour qu’elle change. Il existerait peut-être des raisons politiciennes qui arrangent les calculs des uns ou des autres, mais sur le fond, les Marocains ont choisi de faire confiance à la même majorité et les ministres du RNI y sont pour quelque chose.

Pourtant, le PJD parle du respect des votes exprimés pour chaque parti, qu’en dites-vous ?

C’est un faux argument, car respecter cette règle arithmétique l’oblige à former un gouvernement avec le 2e parti en nombre de votes qui est le PAM. Sauf changement de dernière minute, le PJD a plusieurs fois rappelé l’impossibilité de ce scénario.

H. B.


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