Ghali, élu à la tête du Polisario sur fond de dissensions internes

par Taoufik Jdidi
L’unanimité exprimée lors du congrès du Polisario n’est qu’une façade. Elle cache mal le malaise que vit ce mouvement à cause des dissensions le minant de l’intérieur.

Comme prévu, Brahim Ghali a été élu secrétaire général du Polisario au terme d’un congrès extraordinaire organisé dans les camps de Tindouf.

Succédant à Mohamed Abdelaziz, Brahim Ghali, dans son discours aux congressistes, a affirmé sa volonté de mener les combats sur tous les fronts pour arracher l’indépendance et faire prévaloir l’autodétermination du soi-disant « peuple sahraoui ». Un ton qui se rapproche de celui des allocutions prononcées, en cette circonstance, par les représentants des gouvernements algérien et mauritanien.
C’est dire que la stratégie du pouvoir algérien, à travers cette étape, consiste à envenimer davantage l’atmosphère en poussant Brahim Ghali, adepte d’une solution armée du conflit artificiel autour du Sahara marocain, à adopter des positions radicales.
D’ailleurs, cette démarche s’inscrit également dans le sillage des difficultés internes que vit la junte algérienne à cause de l’incertitude planant sur la scène politique depuis l’incapacité du président Bouteflika à diriger le pays. Réanimer le FrontPolisario, c’est aussi leurrer le peuple algérien et continuer à le berner par une affaire présentée aujourd’hui comme relevant de la sécurité nationale.
Ceci sans parler de la crise économique et sociale que subit l’Algérie à cause de la baisse des revenus pétroliers qui, selon  un ministre algérien, suffiraient à peine à payer les salaires des fonctionnaires. Par conséquent, raviver les tensions avec le Maroc, dans ces conditions, en s’appuyant sur le récent conflit qui a opposé Rabat à Ban Ki-moon, semble bien calculé.
Brahim Ghali est tout désigné pour jouer ce rôle, lui qui ne peut rien refuser à ses amis algériens auprès desquels il a profité pleinement, et dans tous les sens, de leur hospitalité à Alger où il fut ambassadeur pendant de longues années.
Cependant, à l’intérieur même des camps de Tindouf, d’autres voix se sont levées pour dénoncer un congrès taxé de mascarade. En effet, c’est tout un mouvement dissident du Polisario, nommé « la ligne du martyr » en référence à l’ex-secrétaire général et fondateur du Front, Mustapha El Ouali, qui a boycotté les travaux du congrès et conteste même sa légitimité en tant que représentant du « peuple sahraoui ».
Ce mouvement s’est adressé à l’ONU pour qu’elle effectue un recensement des populations de Tindouf et organise des élections libres et transparentes au sein des camps, en vue de dégager une direction qui puisse prendre en main le sort des réfugiés et trouver une solution durable au conflit. D’après les responsables de ce mouvement, moins de 50% des populations de Tindouf  sont originaires du Sahara.
D’autres informations provenant de Tindouf indiquent que le pouvoir algérien et les forces de sécurité ont imposé, tout au long du week-end, un couvre-feu et procédé à des arrestations massives au sein des contestataires.
Ce qui a fait dire à Mustapha Salma Oul Sidi Miloud, qui fut expulsé manu-militari vers la Mauritanie  pour avoir opté pour le plan d’autonomie, que l’objectif du congrès était de retrouver une certaine légitimité imposée de force.
D’autres informations font état de la décision d’un important groupe, favorable au plan d’autonomie proposé par le Maroc, d’organiser prochainement un congrès en Espagne pour officialiser cette position et de se présenter en tant qu’interlocuteur dans tout processus de négociation au sujet du Sahara.
Devant ces gesticulations, le Maroc demeure serein, fort de son unité autour de l’intégrité territoriale du royaume.


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