Driss Azami, le maire « fantôme » de Fès

Plusieurs conseillers communaux PJDistes de la capitale spirituelle du Royaume sont aux abois! Le maire du même parti de la Lampe est aux abonnés absents depuis belle lurette! Driss Azami a préféré déléguer ses prérogatives à son premier adjoint, Saïd Benhamida. Fait qui laisse la ville ne sachant à quel Saint se vouer, à part Moulay Driss (pas Azami, mais le Saint patron de la ville) et vivre dans une espèce d’attente de Godot qui ne vient pas. Mairie de Fès cherche Azami désespérément, pourraient dire les Fassis!

Cette absence du maire, ont déclaré certains conseillers à Le Site info, met la ville dans une situation où la gestion des affaires courantes est qualifiée de « bombe à retardement », prête à exploser à tout moment. Ceci, car le maire est occupé à Rabat par ses devoirs partisans, au sein de son parti et sous l’Hémicycle. Et « quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». Dans ce cas de figure, quand Azami est absent de son poste de maire à Fès, la section locale du Parti de la Lampe se trouve confrontée aux conflits qui sont légion entre des conseillers, des présidents d’arrondissements et même entre des membres des différentes commissions de la commune.

Un conseiller de l’arrondissement Jnane El Ward a affirmé à Le Site info, en ironisant amèrement: « Nous ne trouvons plus Si Azami même pas pour faire un selfie avec lui! ». Et d’ajouter, plus sérieusement, que les conseillers sont « dans la bouche du canon », selon l’expression arabe, qu’ils ressentant de la honte auprès des citoyens qui ont voté en leur faveur et qui attendent d’eux afin d’ouvrer pour le développement de leur ville. Pendant ce temps, « monsieur le maire se la coule douce à Rabat et oublie son devoir à Fès », a-t-il encore regretté.

Un autre conseiller, président de l’arrondissement de la médina, renchérit en en voulant beaucoup au PDJ d’avoir opté pour le « frère » Azami au poste de maire. Et ce, car ce dernier est actuellement président du Conseil national, président de la commission des Affaires africaines au Parlement, comme il lui incombe d’autres nombreuses missions. Tout ce cumul l’empêche de diriger, de l’extérieur, une cité de l’importance de Fès, quelles que soient les compétences dont il pourrait disposer.

Notre interlocuteur a conclu ses doléances, et celles de ses collègues, en espérant, avec une immense impatience, la fin de leur mandat de six ans afin de ne plus supporter la responsabilité où ils se sont « emmêlés les pinceaux ». Surtout, avoue-t-il, que la ville n’a connu aucun essor notable au niveau des investissements, ainsi qu’à celui des possibilités de création de postes d’emploi. Tout au contraire, les choses n’ont fait qu’empirer, « même si ce constat déplaira à de nombreuses personnes au sein du parti, alors que c’est la stricte réalité! ».

A noter que le Parti de la Justice et du Développement fait cavalier seul à Fès en ayant eu la majorité absolue, aussi bien dans les six arrondissements de la ville qu’au Conseil dont le président « fantôme » est Driss Azami. Et ce, en ayant remporté haut la main les élections de 2015, détrônant par la même occasion le parti de la Balance qui avait dirigé Fès pendant treize ans, avec Hamid Chabat pour maire.

Larbi Alaoui


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