Benkirane au coeur d’une polémique (un peu) malgré lui

Driss El Ganbouri exprime son étonnement de voir citer son nom dans la liste des personnalités faisant partie du “Front du refus” anti-projet de loi-cadre de l’éducation et de la formation.

Sortant de son silence, le chercheur marocain, spécialiste de l’islamisme, s’explique via sa page officielle Facebook. Il conteste vivement le fait que certains médias électroniques aient cité son nom parmi les nouveaux signataires de ce que certains appellent “le Front de Benkirane”.

“Mon nom y figure parmi ceux qui ont pour objectif de défendre la langue arabe”, écrit El Ganbouri. Pour cela, il veut éclairer l’opinion publique, ainsi que tous les journalistes sur ce qu’il en est vraiment.

“D’abord, je tiens à souligner que je n’ai pas participé à la réunion de Rabat à laquelle étaient présents les signataires du communiqué publié le 7 août, dont Abdelalih Benkirane et Moulay M’hamed El Khalifa”.

Il est vrai, poursuit-il, que des amis parmi les personnalités présentes l’ont contacté le lendemain pour le mettre au courant et connaître son avis sur cette initiative. “Puis, je tiens à dire que je ne sais rien d’un quelconque “Front de Benkirane” et je n’ai aucun rapport, de près ou de loin, avec des affaires qui ont un caractère personnel”, martèle Driss El Ganbouri.

Pour le chercheur marocain, intituler “Front de Benkirane” une initiative d’intellectuels et d’hommes politiques, a une visée politicienne et déresponsabilise le débat concernant une problématique linguistique. De même que cette appellation laisse penser que les signataires sont favorables à un choix d’un parti ou d’une couleur politique déterminée. Ce qui dénote, selon El Ganbouri, “d’une attitude amorale et de la tentative de faire passer des options politiques à relents électoralistes”.

Pour finir, le chercheur marocain souligne que l’adhésion d’un intellectuel, d’un penseur ou d’un journaliste à un combat national, aux côtés de politiques de différentes obédiences, ne signifie aucunement adhérer aussi à un quelconque parti politique. La lutte nationale, rappelle-t-il, était une alliance d’orientations politiques et régionales, de couleurs et de pensées et cela n’avait en rien diminué son action. Tout au contraire, cela avait été la source de sa force et le label de l’unité nationale, conclut Driss El Ganbouri.

Mais Le Site Info tient toutefois à rendre à l’ex-chef de gouvernement ce qui appartient à l’ancien secrétaire du PJD. Abdelilah Benkirane, dans une déclaration à notre site avait formellement assuré qu’il n’était pas l’initiateur de ce “Front du refus”. En revanche, il avait affirmé qu’il avait répondu volontiers présent à l’invitation de l’Istiqlalien M’hamed El Khalifa et qu’il est partie prenante contre “la francisation de l’enseignement” et pour la défense, bec et ongles, de la langue arabe. Benkirane, du fait qu’il est très médiatisé, est donc un peu victime de tout ce tapage médiatique et de cette polémique, non seulement autour du “front” qui porte, à tort, son nom, mais aussi à travers cette polémique de Driss El Ganbouri.

Larbi Alaoui

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