Amina Mae El Ainine: « Hna talfine! »

Deux mois sont passés de débats polémiques et houleux sur la loi-cadre du ministère de tutelle, entre la majorité et l’opposition. Et lundi dernier, après une réunion-marathon ayant duré jusqu’à 23h, les chefs des groupes parlementaires sont parvenus à un consensus sur la question, dont la problématique linguistique dans l’enseignement de certaines matières scientifique.
Mais Amina Mae El Ainine a un tout autre avis sur le consensus adopté. Pour la PJDiste, dans une publication sur sa page officielle Facebook, la question linguistique a été biaisée aux dépens d’un débat idéologique et politique.
« La problématique des langues d’enseignement n’est pas la plus importante dans le projet de loi-cadre dont on attendait qu’il soit le début de résolution du déficit dont souffre le secteur depuis longtemps », écrit-elle.
Et d’ajouter qu’il est dommage qu’un aussi grand défi ait été noyé par des considérations politico-idéologiques et constitue un obstacle majeur pour le Maroc en la matière. »Alors que des pays moins lotis que nous, du point de vue compétences, sont parvenus à obtenir des résultats meilleurs », regrette Amina Mae El Ainine.
S’agissant de la réforme escomptée, elle assure que la panacée n’est pas la question des langues d’enseignement, quelles que soient celles pour lesquelles on optera entre les langues officielles du Royaume et les langues étrangères. Pour elle, la solution réside sur des approches pédagogiques efficientes dans l’enseignement de toutes les langues, les méthodologies adoptées, les programmes choisis, ainsi que les supports utilisés.
Mae El Ainine a également pointé le nombre de séances consacrées à l’enseignement des langues. « Chez nous, après douze ans d’études, avec une plage horaire des plus élevées au monde, nous ne maîtrisons ni l’arabe, ni le français, ni l’anglais et, bien sûr, l’amazigh non plus », constate-t-elle.
Alors qu’après le baccalauréat, certains Marocains vont poursuivre leurs études supérieures à l’étranger. Ils consacrent une année d’apprentissage de la langue du pays d’accueil (l’allemand, le japonais, le turc, etc). Ensuite, ils poursuivent leur cursus estudiantin avec succès », rappelle la dirigeante PJDiste.
Et la publication d’Amina Mae El Ainine se termine par un constat pessimiste sur cette problématique linguistique au Maroc. »En vérité, nous ne savons pas à quel saint nous vouer (ndlr, en darija « hna talfine »). Nous ne savons pas ce que nous voulons. Ou plutôt, nous savons ce que nous ambitionnons. Sauf que nous ignorons comme y parvenir avec logique, professionnalisme et écoute des experts patentés en la matière », conclut-elle.
Larbi Alaoui


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