Affaire Hajar Raissouni: la réaction inattendue d’Amina Maelainine

L’affaire de Hajar Raissouni, la journaliste d’Al Yaoum 24 poursuivie en détention pour relations sexuelles hors-mariage et avortement illégal, a fait réagir Amina Maelainine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la députée du PJD, dont les photos sans voile à Paris,à Pigalle, avaient créé un tollé général il y a quelques mois, n’a pas mâché ses mots pour descendre le Code pénal.

Sur sa page Facebook, la députée controversée, qui a tenu à défendre Hajar Raissouni, a appelé le PJD à se pencher sur les lois régissant les libertés individuelles et à ouvrir un dialogue interne calme et cadré pour supprimer certains points du Code précité.

Pour Maelainine, l’affaire de Hajar est une occasion d’ouvrir le débat public au sujet des dispositions de la loi qui portent atteinte à la vie privée. Dans ce sens, plusieurs courants, selon la députée islamiste, sont impliqués dans ce débat. Si certains appellent à l’annulation immédiate de certaines lois et au respect des libertés individuelles, d’autres, plus catégoriques, sont contre l’ouverture de ce débat, sortant la carte de l’islam pour défendre leur position. D’autres, bien qu’ils soient contre les dispositions régissant les libertés au Maroc, n’ont pas encore l’audace d’exiger leur abrogation.

«Je suis convaincue aujourd’hui que ces lois, qui datent des années 60, sont obsolètes et doivent être réexaminées en profondeur, à la lumière des principes d’un Etat des droits et de libertés. L’ouverture d’un dialogue cadré doit être fait loin de certaines accusations concernant la loi islamique», a expliqué Maelainine, précisant que l’abrogation de ces lois n’est pas contraire à la religion et n’encourage pas la débauche.

La députée s’est d’ailleurs dit attristée de voir certains membres du PJD estimer que le débat autour des lois régissant les libertés individuelles est un complot contre la religion et vise à pousser la société vers la dépravation. «Pourtant, l’islam n’a jamais encouragé l’indiscretion et l’envahissement de l’espace privé. Le débat autour de ce sujet est encore tabou chez les islamistes qui se mettent en colère à chaque fois que le sujet fait surface. L’égalité entre hommes et femmes, au Maroc a été, elle aussi censurée, et pendant plusieurs années. Aujourd’hui, ce sujet est désormais sur toutes les langues», a-t-elle souligné.

Et d’ajouter : «Le PJD doit s’armer de courage et de responsabilité pour ouvrir ce genre de débats sans attendre une intervention royale».

Noura Mounib

 

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