Affaire Ait El Jid: le PJD impose le silence à Hamieddine

La commission PJDdiste présidée par le membre du bureau politique Mustapha Ramid pour suivre de près le procès du dirigeant Abdelali Hamieddine a tenu sa première réunion mardi 11 décembre.

Une source qui y a assisté a confié à Le Site info que ladite commission a préparé la défense du dirigeant, poursuivi pour participation à un homicide volontaire suite au meurtre de l’étudiant Ait El Jit à Fès.

«Les membres de la commission ont également abordé le traitement médiatique qui sera réservé à l’affaire. Ils ont ainsi imposé le silence à Hamieddine pour des considérations légales, l’obligeant à ne pas donner de déclarations à la presse. Selon eux, c’est à ses avocats de s’en charger», a-t-elle assuré.

Rappelons que Ramid a exprimé sa surprise immédiatement après la décision du juge d’instruction de rouvrir le dossier après que l’affaire fut jugée en 1993. Abdelali Hamieddine avait été impliqué dans ce meurtre et inculpé dans un premier temps. Il avait écopé de deux ans de prison ferme avant d’être innocenté par la suite, au grand dam de la famille d’Ait El Jid qui n’avait pas admis cette décision de la justice.

Et Ramid de monter au créneau: “En sortant cette décision judiciaire de son cadre et en la colorant politiquement, on a dérogé au principe d’un procès équitable”. Et d’ajouter qu’il est de la “plus haute importance de considérer que cette position découle d’une relation personnelle ou politique avec la victime. Ce serait un coup d’État dans le cours de la justice au Maroc que de reconduire avec acharnement des questions réglées par le pouvoir judiciaire pour être réexaminées. C’est une chose dangereuse. En ce qui concerne ma désapprobation face cet acharnement vil, j’espère un peu d’équité et l’espoir d’un retour à la normalité. Il faut rétablir la loi et mettre fin à cette grave déviation que cette décision a engendrée…”, a souligné le PJDiste.

L’histoire s’est passée le 23 février 1993 à proximité de la faculté de droit Dar El Mehraz de Fès. Des étudiants appartenant au mouvement Réforme et renouveau et à Al Adl Wa Al Ihssane ont intercepté deux autres étudiants de gauche, Benaïssa Aït El Jid et Haddioui El Khammar, qui étaient à bord d’un taxi. Ils les ont violemment agressés, tuant l’un et blessant gravement l’autre. Des années après, l’affaire a ressuscité grâce au témoignage d’El Khammar qui a failli perdre la vie, avec Ait El Jid, si ce n’avait été l’aide de quelques personnes présentes pendant l’agression qui a coûté la vie à Aït Jid.

N.M.

 

 

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