Tout savoir sur Aouatefe Lahmani, la star du clip de Saad Lamjarred (interview)

Alsacienne, Marocaine, Meknassia et Parisienne, Aouatefe Lahmani ne cesse de faire parler d’elle depuis la sortie du dernier hit « Ghaltana » de la star marocaine Saad Lamjarred. Elle fait une apparition remarquée dans le clip de cette chanson, ce qui n’a pas échappé aux internautes et aux médias marocains. Le Site Info vous la fait découvrir davantage.

Par Zineb Alaoui

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– Le Site Info : Tout d’abord qui est Aouatefe Lahmani ?
– Aoutafe Lahmani : «Humaine avant tout, une sorte de citoyenne du monde ! Une vraie provençale. Je suis née en France, à Besançon et j’ai grandi en Alsace (et oui ! Je peux même avoir l’accent !). Je suis la fille du milieu d’une fratrie de trois enfants, élevés par une maman marocaine de Meknès, qu’enfant j’aimais appeler « Xena la guerrière » parce que je la voyais se battre seule pour nous et pour une vie qui n’a pas toujours été facile pour elle. Je suis loin d’être née avec une cuillère d’argent dans la bouche ou de venir des beaux quartiers, mais fière de mes origines et du caractère que cela m’a forgé, avec beaucoup de principes et de valeurs de la vieille école, avec beaucoup d’amour, de sincérité, de sens du partage et de générosité (la preuve : je n’arrive pas à m’arrêter de parler !) et beaucoup de reconnaissance envers la vie de m’avoir donné la chance de devoir me battre pour apprécier ce que j’arrive à obtenir.

Curieuse, en quête d’aventures et de découvertes, dès que je l’ai pu, j’ai quitté le nid familial. J’ai eu la chance de vivre en Espagne, au Portugal, en passant par la grande ville : Paris ! Paris et ses cinémas, Paris et ses théâtres, Paris et sa culture et maintenant, je vis depuis trois ans entre Paris et le Maroc, la terre de mes ancêtres et mes racines. J’y apprends sa culture, ses coutumes, son langage, ses chants avec plus de profondeur. Tout ce voyage d’une vie qui aujourd’hui fait que je suis moi !

– Parlez-nous de vos débuts et de votre expérience dans le monde du cinéma ?

– J’ai passé six ans derrière la caméra en tant que chargée de production et directrice de casting, avant de tenter les cours Florent à Paris et de devenir comédienne. C’est suite à un passage au festival de Marrakech que j’ai décidé de venir essayer le cinéma marocain.

Mes premiers pas dans le cinéma ont été : « Je fais ce que vous voulez, le café, la serpillère… Je veux juste sentir l’énergie d’un plateau de tournage, l’énergie pour faire un film. » Telle une enfant, sur les premiers plateaux de tournage, j’étais émerveillée, fière d’avoir trouvé un sens à ma vie, moi l’Alsacienne à qui on avait prédit un avenir pas très glorieux et qu’on prenait pour une folle de vouloir faire du cinéma… J’étais là ! J’ai été chargée de production, directrice de casting pendant six ans.

Chaque année, je voulais m’essayer au théâtre, mais je n’osais pas. Je n’avais pas confiance en moi, c’est l’entourage qui m’en empêchait. J’avais peur de pas être prise au sérieux. Et un jour, sans rien dire à personne, seule, j’ai décidé de faire le saut de ma vie en essayant les cours Florent et ça s’est plus que bien passé. Ce fut une révélation pour moi, une renaissance… Comme si j’avais été privée d’oxygène et que je savais enfin respirer. Ce sont les planches qui me faisaient revivre. Je n’avais rien, je vivais dans un appartement avec un matelas à même le sol, du coca zéro, un pass Navigo, une santé bancale, mais j’avais le théâtre et je n’ai jamais été aussi heureuse !

Ensuite, j’ai eu la chance de participer au festival du film de Marrakech, en 2012, où j’ai rencontré la plupart des professionnels du cinéma (réalisateurs, producteurs…) qui m’ont offert un superbe accueil et m’ont conseillé de venir m’essayer au Maroc, car mon profil pouvait intéresser le cinéma marocain. Sans avoir froid aux yeux, j’ai rempli une voiture de valises et je suis descendue de Paris au Maroc où j’ai essayé le cinéma. J’avais une expérience de théâtre à Paris, j’avais même fréquenté l’école d’art dramatique Jean Périmony, j’avais fait quelques courts-métrages, etc.

– Quelles ont été vos réussites ?

– Tout, même mes échecs sont des réussites car j’ai appris. Mais je n’ai pas la prétention de dire que j’ai réussi. Je suis juste une fille qui rêve de cinéma et qui a la chance de pouvoir en faire à mon échelle. Mais je suis plus que fière de certains projets.

Ma première année au Maroc, j’ai joué dans le court-métrage «Lignée» de El Don Darko qui fut mon 1er film au Maroc avec une équipe dont tous les membres sont devenus des amis aujourd’hui. Un beau film et un travail d’acting, des émotions, tout ce qu’on désire quand on veut faire du cinéma. D’ailleurs, le film a été sélectionné pour le Cinecole du Festival international du film de Marrakech (FIFM 2013). Je suis fière d’avoir participé à un film sélectionné pour un festival !

La deuxième année, j’ai joué dans trois films dont un fut sélectionné au FIFM 2014 en coup de cœur.

Et en 2015, j’ai joué dans six films entre Paris, Londres et le Maroc dont «Amal» de Aida Senna sélectionné dans beaucoup de festivals mondiaux comme Seattle, Clermont-Ferrand, Rabat… Et au-delà de cela, ce fut surtout pour moi une rencontre avec une réalisatrice ambitieuse et talentueuse. Ce film traduit une belle énergie, c’est un beau film, c’est un message, ce sont des émotions. Bref, j’aime ce film ! Je suis très fière d’y avoir participé et je suis impatiente de le voir sur grand écran.

Le dernier film que j’ai tourné au Maroc, c’est le long métrage «Hayat» de Raouf Sebbahi : 7 semaines de tournage à travers le Maroc qui furent un véritable voyage, rempli de rencontres.

Et bien évidemment, la petite surprise de cette année, c’est le personnage dans «Ghaltana » avec mes chers amis.

– En effet, nous vous avons vue dans le dernier clip « Ghaltana » de la star marocaine Saad Lamjarred, et vous étiez en vedette avec Laura Frison. Parlez-nous un peu de cette expérience…

– Les vedettes dans ce clip, ce sont avant tout Saad, Laura, Amir et Abderrafia. Moi, j’apparais simplement mais j’ai adoré cette expérience. J’ai passé trois jours de tournage à rigoler. Pourtant on se levait à quatre heures du matin pour le costume, le maquillage et la coiffure. On a parcouru des kilomètres en voiture pendant des heures, mais toujours dans une ambiance de colonie de vacances. On était là avant tout pour s’amuser, tout en gardant notre sérieux dès le fameux «action !». Je me suis « éclatée » à faire ce personnage complètement décalé ! Et puis, surtout, grâce à ce clip, j’ai découvert des régions splendides du Maroc que je ne connaissais pas. Rien que pour cela, je ne peux qu’adorer cette expérience. Et quel plaisir de travailler avec mes amis Amir Rouani et Abderrafia El Abdioui ! Je tiens à les féliciter encore une fois pour leur travail et à les remercier de m’avoir proposé de participer à ce projet. Depuis le temps que je voulais travailler avec eux ! Ce sont des grands et on n’a pas fini d’entendre parler d’eux, croyez-moi ! J’espère retravailler avec eux très vite. Quant à Saad, ce fut la rencontre avec un artiste, un jeune homme drôle, d’une grande humilité, très gentil, respectueux, un vrai «ould nass» comme dit. Sans prétention.

– Et comment vous a-t-il contacté pour ce clip ?

– Saad, je ne l’avais connu qu’un an auparavant sur le clip de «Lm3allem» qu’il tournait à Marrakech. J’étais venue voir mes amis Amir et Abderrafia. Et c’est d’ailleurs un peu par le même hasard que je me suis retrouvée dans le clip «Ghaltana».

De passage à Casablanca, je les appelle à nouveau pour leur faire un coucou avant de rentrer sur Paris. Ils me proposent de participer au clip. Je refuse au départ, car j’ai toujours refusé de faire des clips. C’est une fois arrivée dans leur bureau, que j’ai vu le mur d’inspiration, avec toutes les photos, l’univers qu’ils avaient imaginé, le casting, les danseurs, les décors, l’ambiance à la Mad Max, le désert… «Wow ! Quel travail de folie ! C’est magnifiquement bien pensé, ça va être sublime !» leur ai-je dit… Amir m’a expliqué : «L’ouverture, ce serait, toi sur une moto dans le désert et tu grognerais contre le dinosaure…» Dans ma tête, c’était décidé  : «Je le fais !» et je l’ai fait et je suis heureuse de l’avoir fait. Et je tiens à féliciter les gens de l’ombre, Kenza Chaoui qui a chiné, imaginé et créé ces costumes spécialement pour le clip avec son assistant Jamal. Kenza Lazrek et Ayda Khachii pour le make-up, car elles passaient des heures avec leurs mains de fées pour nous embellir. Et sans oublier Salah Halouli que j’ai le plus besoin de présenter, car c’est lui qui nous a coiffés. Et toute l’équipe technique qu’on ne voit pas, mais qui arrivait la première et repartait la dernière pour rendre possible ce tournage.

– Donc c’est la première fois que vous figurez dans un clip ?

– Comme je le disais, j’ai toujours refusé de faire des clips. Sauf quand j’étudiais le théâtre où j’ai joué le rôle de la petite amie dans le clip d’un ami londonien et c’était d’ailleurs ma première expérience en tant qu’actrice.

– Actuellement, Aouatefe, que faites-vous ? Des projets en vue ?

– Actuellement, je suis plus à Paris qu’au Maroc. J’écris mes projets et je fais de la scène. Je viens de réaliser des petites vidéos avec des humoristes : «Nous les femmes» qui seront publiées sur mon Facebook pro en septembre, pour la promo d’un futur projet.

Sinon, j’attends avec impatience la sortie du film «Hayat» de Raouf Sebbahi qui sort cet automne.

J’ai écrit un long-métrage qui me tient beaucoup à cœur, que j’aime avec mes tripes ! J’irais en guerre pour lui, c’est mon bébé ! Et je travaille beaucoup en ce moment pour lui, pour faire en sorte qu’il voit le jour et ça prendra le temps qu’il faudra, mais j’y crois et je ne le lâcherai pas. Sinon, j’en ai déjà beaucoup dit et je garde quelques surprises. En tout cas, je suis très impatiente d’être fin 2016.

 

 

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