Qui va gagner les élections ?

noureddinePar Nourr Edine

Les partis politiques ont fourbi toutes leurs armes, leurs éminences grises se sont mobilisées, des tonnes de tracts, des orgies de décibels et surtout, des discours qui parlent de l’avenir comme s’ils avaient, tous, chacun sa boule de cristal. Les uns promettent du travail pour tous, des hôpitaux flambant neufs et clés en main, des écoles richement équipées, des routes jusqu’aux montagnes les plus reculées…

A les écouter, au lendemain du dépouillement des urnes, le pays se mettrait à ressembler à la Suisse et pourtant…

Depuis l’indépendance, c’est le même scénario, les mêmes belles promesses, des lendemains qui n’ont jamais chanté ! A regarder le champ politique marocain, on voit comme une scène de tournage d’un film hollywoodien avec des acteurs, chacun dans son coin, qui relisent leurs répliques.

Une fourmilière d’individus qui vont dans tous les sens ; les uns gomment le terme qui fâche, les autres ajoutent une virgule et tous n’ont qu’une et seule obsession, séduire !

Le peuple devient la star, la femme fatale, Marilyn Monroe ou Sharon Stone dans leur numéro le plus sexy. Le peuple est devenu une étoile dans le ciel de leurs ambitions. Lascive et sensuelle, elle fait peur, dérange et trouble comme si elle était détentrice d’un pouvoir incommensurable, et si elle venait à leur accorder ses faveurs, ils deviendraient des surhommes pataugeant dans des rivières de privilèges et d’argent.

Partis politiques ou prétendants devenus serviles chantent ses louanges et déclament ses atouts. Le peuple devenu star est courtisé avec une telle ferveur que l’on se demande si tous ces individus qui prétendent savoir dessiner pour les citoyens le plus beau des destins sont eux-mêmes du peuple ?

Demain, les éboueurs balaieront leurs détritus de campagne qui disparaîtront pour devenir des images sur les écrans des chaînes télé. De simples citoyens, professeurs, cadres ou commerçants, ils se métamorphoseront, se saperont chez Armani, prendront du ventre, deviendront gras, repoussants, et s’esclafferont, la gorge déployée, comme des pélicans affamés quand leur chauffeurs ouvriront la portière de leur limousine payée aux frais des contribuables.

La star-peuple n’existe plus. Oubliée voire méprisée pour sa naïveté d’avoir cru, le temps d’une campagne, être le nombril du monde. La star-peuple de femme fatale est passée à prostituée, séduite et abandonnée. Elle avait, dans sa main, un petit bout de papier qu’ils appellent un bulletin de vote et sitôt mis dans l’urne, soudainement, elle n’était plus rien. Finies les paroles mielleuses, les promesses incroyables et les destins inimaginables ! Terminé le temps des cerises ! Ils sont déjà passé à autre chose.

395 corbeaux blancs autour des bijoux de la star-peuple. Chacun veut le diadème aux mille rubis ou la rivière de diamants. Chacun se projette dans le futur des palaces et des vols long-courriers et on va les voir manigancer, se concerter, magouiller… Ils parleront de tractations et d’alliances, mais en fait ce sera l’heure du partage du gâteau.

On comprend mieux maintenant quand ils parlent de portefeuilles !
« Qui a gagné aux élections ? » sera la question à laquelle on ne trouvera qu’une réponse : « Ils ont tous gagné », mais c’est le peuple, encore une fois, qui aura perdu !


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