Quel Maroc voulons-nous pour demain ?

Par Nourr Edine

« Manifestation » à Casablanca, à quelques semaines des législatives… Pour quel motif ? Pour quelle raison ? Qui sont ces associations qui ont appelé les citoyens ? Pourquoi maintenant ?

France 24 a, semble-t-il, déjà ouvert le dossier Maroc. Deux sujets prédominent: « les islamistes » et la monarchie. Un peu le spectacle d’une Egypte avec son Morsi, culbuté par les militaires dans ce qui est, plus, un coup d’état militaire qu’une insurrection ou la Turquie d’Erdoghan mais toujours est-il qu’une menace est bien là et la manifestation va donner le ton à une autre, celle des « partisans » des islamistes.

Comment sortir de cet engrenage qui s’annonce si on oublie les valeurs de la démocratie ? Le camp des islamistes a commis l’erreur d’élever au titre de candidat un de ses prédicateurs qui, outre son antisémitisme et sa radicalisation, est une image de ce que pourra devenir le pays après le 7 octobre.

En face, un autre camp dont on ne connait ni le leader, ni les composantes et ressemble de plus en plus à une opposition bâtarde sans objectif, sans être vraiment structurée.

Nous avons presque une quarantaine de partis, la plupart reçoivent des subventions de l’état en fonction du nombre de députés et pourtant, ils se terrent, gardent le silence et préfèrent voir venir. Pourquoi ne revendiquent-ils pas l’un ou l’autre camp ?

Ni gauche unie autour d’un schéma sociétal clair et défini, ni un centre en déséquilibre et seul le parti islamiste sort grandi de toutes ces gesticulations qui ne trompent personne. Il a derrière lui, non l’élite nécessaire pour entamer les chantiers qui s’impatientent mais juste des adeptes de la charia qui croient, dur comme fer, que seule la volonté divine pourra nous venir en aide.

Le chef de l’état, dans son respect des règles de la démocratie, ne peut, ni intervenir ni laisser la situation pourrir et c’est aux citoyens de réfléchir et se poser la question: « Quel Maroc voulons-nous pour demain ? »

Celui d’un Benkirane qui, aujourd’hui s’entête à vouloir aller dans le sens des frères musulmans ou cet autre Maroc que nous voulons ouvert, moderne et démocratique.

Qui décidera si ce ne sont pas les urnes ? Cette manière de faire pour refuser la vision islamiste n’est ni adéquate, ni sans danger. Il nous faudra apaiser les volontés, dédramatiser les débats et revenir à nos campagnes électorales classiques et traditionnelles pour aborder les urnes avec fair play comme des gens civilisés. Si les islamistes reviennent au pouvoir, le combat pour les libertés continuera et, d’ailleurs, sous n’importe quelle obédience, il continuera !

Ne tombons pas dans le piège de ceux qui n’ont rien à perdre, ceux pour qui, la mort est la récompense suprême. Apprenons leur les bienfaits de la démocratie et les valeurs des droits de l’homme. Ils n’ont que la fougue des discours enflammés, nous avons la liberté à leur offrir.

Ils divisent la société en bons et mauvais croyants, nous leur apprenons l’égalité de tous devant les lois que nous mêmes nous choisissons. Ils croient détenir la vérité, nous leur apprenons que c’est grâce au savoir que nos problèmes seront résolus.

Ils ont la volonté divine, qu’ils croient contrôler, nous avons les compétences et le travail pour avancer et si leur richesse se limite au sacrifice, la notre, c’est le « brain trust » de millions de citoyens instruits, seuls aptes à affronter les défis de la mondialisation. Il n’y a aucune comparaison entre le pouvoir de l’esprit et celui des croyances inventées pour séduire.


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