Lamjarred, Senhaji, Saada…la passion du scandale

par Siham Mosaddak

Quelle est cette passion qui nous anime et nous enflamme à chaque fait divers au point d’en faire un scandale national et l’objet d’une large médiatisation ?

Sommes-nous exempts de défauts pour nous permettre de juger et de ternir l’image de nos semblables ? Sur quels critères nous basons-nous pour légiférer et innocenter une personne en criant au complot et nous acharner sur une autre pour la condamner sans pitié ? Qu’est-ce qui différencie les scènes de lynchage public moyenâgeuses des scènes modernes, mise à part la rapidité avec laquelle se propage l’information sous l’impunité d’un écran ? Que gagnons-nous à nous occuper d’affaires privées, à part le fait de malmener sans répit nos pauvres méninges ? De sacrifier le peu de neurones qu’il nous reste ? Autant de questions auxquelles je tente de trouver réponse.

La curiosité nous a toujours animés à commencer par celle pour nos voisins immédiats. Nous sommes capables de donner un profiling précis et détaillé dans le temps et l’espace de tout individu qui habite ou fréquente la maison d’à côté. Les réunions familiales, amicales et même professionnelles sont plus savoureuses quand quelque information croustillante vient l’alimenter.

La plupart de nos conversations téléphoniques se retrouvent centrées sur les autres… La démocratisation des télécoms n’a fait qu’empirer les choses… L’avènement des réseaux sociaux n’a fait qu’accentuer le phénomène, si bien que de prétendues pages d’information en ont fait leur profession de foi. A chaque nouveau scandale, comme un enfant émerveillé nous nous détournons de l’ancien pour attaquer le nouveau, au point de nous transformer en parfaites girouettes ayant perdu tout sens de l’orientation. Nous devenons le temps d’une affaire, analyste politique, juriste, flic, médecin, témoin imaginaire, prédicateur religieux… Un jeu de rôles ? Non, une folie latente qui explose au moindre fait divers.

Pendant ce temps, nous négligeons nos propres problèmes tant sur le plan personnel que citoyen. Autant d’énergie de perdue inutilement, autant de querelles gratuites, autant d’analyses stériles, autant de surenchères stupides… Il serait temps de nous ressaisir, d’apprendre à respecter la vie et l’intimité d’autrui, de nous recentrer sur l’essentiel, sur l’utile et le profitable, car pendant que nous sommes occupés à nos petits commérages, des histoires, des faits, des individus qui nécessitent toute notre attention et mobilisation restent dans l’ombre la plus absolue.




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