Le climat change, qui est responsable?

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Par Ahmed El Hattab

Le changement climatique est bien là. C’est une réalité à ne plus démontrer. Mais, nous, les êtres humains, quelle est notre réaction face à ce changement? Avons-nous changé ? La question est éminemment importante.

Tout d’abord, je précise que le changement climatique est d’origine anthropique. C’est l’Homme, de par ses interventions incompatibles avec le fonctionnement des grands équilibres écologiques de la planète, qui a provoqué et provoque ce changement. Mais au fait qu’est-ce qui doit changer ? Est-ce l’Homme ou ses pratiques et actions au sein de l’environnement et de la nature?

Pour répondre à cette question, il faut bien préciser que pratiques et actions ne procèdent pas du vide. Elles sont le résultat d’un mode de pensée, d’une vision, d’un paradigme, d’une philosophie, etc. En d’autres termes, l’action découle de la pensée. Donc, tout ce que fait ou réalise l’Homme au sein de l’environnement (Entendre par environnement la cohabitation de tout ce qui est naturel : monde vivant et monde physique + tout ce qui a été créé artificiellement par l’Homme : culture, visions, représentations, courants de pensée, croyances, postulats, préjugés, stéréotypes, établissements humains, infrastructures, industrie, agriculture, services, etc.) trouve son origine dans sa pensée. Si des pratiques et des actions anthropiques portent atteinte à l’environnement, que doit-on changer alors ? Est-ce les actions ou le mode de pensée qui les a engendrées ?

Les pratiques et les actions n’ont pas cessé de changer depuis l’avènement de l’ère industrielle jusqu’à nos jours. Des avancées spectaculaires ont été réalisées dans de nombreux domaines scientifiques et technologiques, aujourd’hui, nano technologiques. La crise environnementale est toujours là, s’aggravant de plus en plus du fait des changements climatiques! Pour changer les pratiques et les actions, il faut impérativement changer le mode de pensée, la vision, le paradigme, la philosophie qui sont à leur origine. C’est-à-dire, changer la vision que se fait l’Homme de l’environnement, de la croissance et du développement.

S’agissant en particulier de l’environnement, la vision que se fait l’Homme de ce dernier est, à plusieurs égards, incompatible avec le fonctionnement des écosystèmes naturels. En effet, cette vision est foncièrement anthropocentrique voire égocentrique dans la mesure où, intellectuellement, il conçoit celui-ci comme un ensemble qui lui est extérieur. Dans le meilleur des cas, il le définit comme tout ce qui l’entoure. Dans un cas comme dans l’autre, il se donne une position privilégiée par rapport aux autres composantes de l’environnement qu’elles soient vivantes ou physiques. Dans cette vision, tout l’environnement est vu comme une denrée exclusivement au service de l’Homme pour répondre à ses besoins qui n’ont pas de limites abstraction faite de toutes autres considérations.

A cause de cette vision, combien nombreuses sont les espèces animales et végétales qui sont disparues à jamais. Combien nombreuses sont les espèces animales et végétales qui sont menacées de disparition. Combien sont nombreux les milieux naturels qui ont été dévastés voire devenus irréversiblement improductifs. Les victimes de cette vision sont non seulement les écosystèmes naturels (Forêts, mers, océans, cours d’eau, air, sol, etc.) mais l’Homme lui-même qui se croit avoir une position privilégiée dans cet environnement. Aujourd’hui, ce ne sont plus les problèmes écologiques et environnementaux que l’on peut identifier et recenser çà et là. C’est la planète toute entière et avec elle la vie qui sont menacées par le phénomène global qu’est le changement climatique qui ne reconnaît pas les frontières politiques et géographiques des pays. Aucun de ces derniers, qu’il contribue ou non au réchauffement de la Terre, n’échappe et n’échappera aux conséquences du changement climatique, qui peuvent être désastreuses. L’Humanité toute entière est concernée et est contrainte d’agir comme un seul Homme. Avant de changer de pratiques et d’actions, elle doit changer de position par rapport à l’environnement et ne pas oublier que c’est la nature qui abrite ce dernier. Autrement dit, elle doit changer de vision, de philosophie, de paradigme et de mode de pensée, susceptibles d’engendrer des soubassements théoriques qui, à leur tour, sont susceptibles d’engendrer des actions et des pratiques compatibles avec la cohabitation de la Nature (Monde vivant et monde physique) et de l’Homme (culture, visions, représentations, courants de pensée, croyances, postulats, préjugés, stéréotypes, établissements humains, infrastructures, industrie, agriculture, services, etc.).

En effet, l’Homme ne doit plus se considérer comme le maître (Ce qu’il n’a pas réussi à faire) de la nature et de l’environnement. Bien au contraire, il doit réintégrer la nature par la pensée et par l’action. Il doit à ce propos se considérer comme une composante parmi d’autres de l’environnement. Bien sûr qu’il se distingue de toutes les autres composantes par son intelligence. Mais il a intérêt à utiliser cette dernière pour assurer sa survie et celles des autres composantes de l’environnement.

Il doit remettre en question sa vision actuelle de l’environnement, anthropocentrique et égocentrique, pour la remplacer par une autre vision où toutes les composantes de cet environnement ont chacune une valeur intrinsèque. Une vision où il n’est plus à l’extérieur ou au centre de l’environnement mais bien partout dans celui-ci sachant que lorsqu’il agit pour créer, innover, fabriquer, usiner, transformer, bâtir, inventer, manufacturer, produire, etc., il doit avoir présent à l’esprit que les autres composantes, vivantes ou non, peuvent, d’une manière ou d’une autre, souffrir de son action.

Il s’agit d’une vision où l’action anthropique doit tenir compte de toute l’écosphère au sens planétaire du terme (Atmosphère, lithosphère, hydrosphère, biosphère). Une vision que je pourrais en quelque sorte qualifier d’écocentrique (Centrée sur l’écosphère). C’est actuellement, l’une des préoccupations de certains milieux scientifiques, écologiques, écologistes et philosophiques qui émerge sous forme de courant de pensée qui est encore à l’état embryonnaire et qui fait face, non sans peine, au courant de pensée dominant actuel, lui-même dominé par les lobbies industriels, politiques, technologiques, économiques, multinationaux, etc.

A ne pas oublier que l’environnement, jusqu’à une certaine limite, est capable d’absorber les perturbations d’origine naturelle ou anthropique en mettant en jeu le phénomène de l’autorégulation. Autrement dit, l’environnement est capable, grâce à ce phénomène, de rétablir les équilibres qui permettent la perpétuation du cycle de la vie. Quand les perturbations dépassent les limites tolérées, l’autorégulation ne fonctionne plus. Une série de problèmes s’en suit : désertification, sécheresse, régression de la biodiversité, perturbation des cycles de la matière et notamment de l’eau, inondations, phénomènes extrêmes, etc. sans parler des problèmes économiques et sociaux.

Heureusement qu’un espoir se pointe à l’horizon avec la COP22 !


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