Statut d’Al Qods: comment j’ai vécu ce mémorable dimanche de la colère à Rabat

Par Larbi Alaoui

Ce mémorable dimanche 10 décembre 2017, le calme dominical diurne et serein de la capitale du Royaume a cédé la place, volontairement et avec un émouvant  enthousiasme, à la magnifique et indescriptible ferveur populaire.

Ceci, à l’occasion de la solidarité agissante des R’batis en particulier, et des Marocains, en général, venus des quatre coins du Maroc manifester leur soutien indéfectible à la cause  palestinienne et à la sacralité d’Al Qods comme capitale éternelle de la Palestine occupée par les sionistes.

Ce dimanche de la colère, contre  le farfelu et malade président yankee, Donald Trump, a commencé très tôt ce matin. Déjà, le parking en face de l’Océan atlantique, près du cimetière Achouhada, a abandonné les voitures des amoureux de la mer, et des amoureux tout court. Il était  plein à craquer de voitures, camions, triporteurs, autocars, aux différentes immatriculations de toutes les villes du Royaume.

Peu à peu, tout ce beau monde est venu s’agglutiner place Bab Al Had et s’est organisé selon les composantes politiques, syndicales, de la société civile, pour se diriger vers la belle avenue Mohammed V, rejoint par des milliers de citoyens, toutes classes sociales confondues, et de tous âges, enfants, femmes et hommes, citadins et ruraux, riches et pauvres dans une communion citoyenne, responsable  et disciplinée des plus manifestes.

Des cortèges impressionnants ont été formés  et ont longé l’avenue, passant devant la grande poste de la capitale, au siège du Parlement marocain et finissant devant la place de la gare Rabat-ville. Noires de monde, mais colorées par les couleurs rouge, verte et blanche des drapeaux palestiniens et nationaux, des cohortes de Marocains, de Palestiniens, de ressortissants de pays arabes ou d’ailleurs, ont scandé à l’unisson des slogans hostiles à l’inénarrable Trump et aux gouvernements de certains pays (suivez mon regard!) qui cautionnent honteusement les théories sionistes. Et, à l’instar de Ponce Pilate, ils se lavent les mains sales de trahison à la cause  arabo-musulmane qu’ils étaient censés  défendre bec et ongles contre l’occupant sioniste et ses diaboliques et impérialistes alliés.

Jusqu’à 14 heures, l’effervescence r’batie était toujours à son comble. Ce dimanche de la colère était synonyme de symbiose avec le peuple palestinien opprimé et une protestation populaire unanime contre les complots ourdis à son encontre depuis la funeste déclaration Balfour, du 2 novembre 1917, à l’exode palestinien de 1948, aux massacres de Sabra et Chatila,  à la guerre des six jours, du 6 au 12 juin 1967.

Depuis, les Palestiniens subissent affronts sur affronts, humiliations sur humiliations, massacres et colonies israéliennes  successives, sous l’oeil complice des alliés de l’Etat d’Israël et le sommeil profond des pays arabes.  Et la goutte qui a fait déborder le vase palestinien, et de tous ceux épris de paix et de justice, est cette décision unilatérale du bouffon Trump, cautionnée par aussi bien les sionistes de tous bords que par des gouvernements arabes qui ont courbé l’échine devant l’Oncle Sam et Netanyahou.

Devant la gare Rabat-ville, la grande marche en solidarité avec la Palestine, son valeureux peuple opprimé et sa capitale Al Qods occupée , s’est terminée par des chansons patriotiques, surtout libanaises, que de hauts parleurs ont diffusé et dont les couplets ont été repris en choeur, à l’unisson,  par des milliers de gorges émues aux larmes, à donner la chair de poule aux plus insensibles. “Droit dans mes bottes, la tête haute, une branche d’olivier dans ma paume et mon linceul sur mon épaule, je marche et je marche, et je marche, wa ana, wa ana amchi”, de Marcel Khalifa, entre autres chants glorifiant les sacrifices palestiniens et leurs souffrances quotidiennes..

Et le diapason a été, sans conteste,  cette inoubliable et formidable chanson de la diva Fairouz, “Zahrat el madaen” (La fleur des villes), connue par coeur par tous les amoureux de paix de justice et dont les couplets seront fredonnées encore et encore, par des générations, tant que les bottes du Tsahal et des colons sionistes fouleront impunément la terre palestinienne, la ville sainte d’Al  Qods et sa mosquée Al-Aqsa.

“Pour toi, ô ville des prières, je prie (…). Ô Qods, ô ville des prières! Nos yeux vers toi se dirigent aujourd’hui (…). Ils étreignent les vieilles églises  et font fondre la tristesse des mosquées(…)”. Les prières de tous les opprimés de la Terre, dont les Palestiniens  à qui  le sionisme et ses sbires ont spolié les terres, seront-elles un jour entendues par la communauté internationale et les instances onusiennes?

Ce dimanche 10 décembre à Rabat était celui de la colère, certes. Mais aussi celui de l’espoir en des jours meilleurs pour que justice soit, enfin , rendue aux Palestiniens et à leur juste cause.

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