“Non, coach! Personne ne vous insultera!”

Par Larbi Alaoui

A maintes reprises, nous l’avions vu fort comme un roc, parlant avec assurance. Il donnait l’impression d’un homme impassible, inébranlable, esquissant de temps en temps un léger sourire pendant un entretien ou une conférence de presse, puis redevenant aussi flegmatique qu’un British londonien.

Nous le voyons aujourd’hui qui fond en larmes. Et la photo de l’entraîneur des Lions de l’Atlas émeut la Toile marocaine. Hervé Renard pleurant comme une madeleine à cause de l’élimination de ses poulains au premier tour de la compétition! A cause du match perdu à la 90ème contre l’Iran alors que nous aurions dû gagner par un, deux , voire trois buts. A cause surtout de la partialité de Marc Geiger lors de la rencontre Maroc-CR7 et de cette défaite injuste qui aurait dû être une victoire aussi éclatante que celle de Mexico 1986, à Guadalajara. N’oublions point les chaudes larmes de Nabil Dirar qui nous ont fondu le coeur et nous sont restés en travers de la gorge. Ce talentueux joueur qui avait promis de mourir sur le terrain pour défendre les couleurs de son équipe! Non, cher Nabil, nous t’en demandons pas tant et ta combativité exemplaire, à l’instar de celle de tous tes coéquipiers, sans nulle exception, avec un bonus pour Nordin Amrabat, le héros du match, restera éternellement gravée dans nos coeurs meurtris par la duplicité de la FIFA et de son sbire, le dénommé Mark Geiger.
Sur sa page officielle Facebook, Younes Kharrachi du quotidien Akhbar Al Yaoum, relate sa rencontre fortuite à Moscou avec Hervé Renard. Et la phrase que lui a dite l’entraîneur témoigne de la déception ressentie, ressemblant comme deux gouttes d’eau à celle de tous les supporters marocains présents en Russie ou ayant vu les matchs chez eux ou au café du coin.”Vous pouvez m’insulter maintenant que nous avons perdu”, a dit Renard à notre confrère, les yeux encore larmoyants.

Non, monsieur! Personne ne vous insultera! Nous vous sommes redevables d’avoir dirigé une si belle équipe de valeureux guerriers. Comme vous l’aviez promis, vos joueurs et vous n’êtes pas allés en Russie en vacances comme certains pique-assiettes. Mais il est bien vrai que dominer, n’est pas gagner!

Il fallait aussi aller au charbon, comme ont su le faire nos garçons et, surtout, mettre le ballon au fond des filets iraniens et portugais. Quant aux deux buts encaissés, faut-il rappeler que le premier a été marqué contre son camp par le pauvre Bouhaddouz, complètement absous par la vox populi car un goal csc peut arriver aux meilleurs de la planète foot qui se fout comme de l’an 14, de logique, n’est point une science exacte et n’a cure, parfois souvent même, du cours des choses? Faut-il aussi rappeler que le second de Ronaldo a été entaché auparavant d’une faute de Pepe sur Boutaïb? Ne parlons pas des trois penaltys non sifflés en faveur de votre équipe, de notre équipe, celle de 35 millions de Marocains. Ne parlons pas de la partialité flagrante d l’arbitre américain, Mark Geiger, et du non recours à la VAR, utilisée tous azimuts dans plusieurs matchs sauf, curieusement, en ce qui concerne Maroc-Portugal.

Non, coach! Personne ne vous insultera! Le public marocain sera omniprésent lundi lors du match contre la Roja.L’ingratitude ne fait pas partie de ses principes. Il laisse cette absence de reconnaissance à d’autre qui se reconnaîtront. En revanche, les vrais supporters espèrent un baroud d’honneur de la part des Lions de l’Atlas. Ils seront de tout coeur de votre côté et celui de vos joueurs. Vos vingt-trois gladiateurs et vous-même quitterez la Russie après, la tête haute, sans rougir, quel que sera le résultat de ce troisième et, hélas, dernier match en Russie.

Non, Hervé Renard, personne n’osera vous insulter ou vous en vouloir plus que de raison. Et sachez que des millions de Marocains, aussi bien fins connaisseurs du ballon rond que simples amateurs, souhaitent que vous restiez sélectionneur de l’équipe nationale. Ils ont foi en vous et en vos compétences de coach, malgré la déconvenue russe. Et si, par hasard, certains aboient, la caravane du Renard et de ses Lions doit passer, malgré ce faux pas du Mondial 2018. D’autres rendez-vous vous attendent et des succès feront place à cet échec, vu les potentialités des internationaux marocains. Vous y croyez et nous y croyons également dur comme fer.

En attendant une belle prestation d’Amrabat et consorts ce lundi 25 juin, à Kaliningrad Stadium, nous sommes nombreux à vous dire et à vous redire: “Merci, monsieur! Merci l’équipe nationale marocaine!”. Dima Maghrib!

L.A.

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