L’hommage émouvant d’André Azoulay à Boris Toledano

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Le président de la communauté juive de Casablanca, Boris Toledano, est décédé ce mercredi matin, à l’âge de 97 ans. André Azoulay, conseiller du roi, a tenu à lui rendre hommage pour Le Site info:

“C’était quelqu’un de très proche pour lequel j’avais une très profonde affection et beaucoup de respect.

C’est à la fois une très grande tristesse de le perdre et en même temps j’éprouve beaucoup de sérénité parce qu’il est parti comme il a vécu, dans la paix. Il s’est éteint doucement à l’âge de 97 ans avec cette légèreté avec laquelle il a vécu.

On a perdu probablement le meilleur d’entre nous. Dans cette communauté, c’était un personnage très singulier, d’abord par son parcours. Il a été engagé très jeune. Il a participé à la guerre d’Espagne… et du bon côté ! Je ne connaissais pas d’autre Marocain de notre communauté qui ait participé à cette guerre aux côtés des forces républicaines espagnoles. Je l’ai toujours encouragé à écrire, à dire ou à enregistrer ce qu’il a vécu parce que ce n’est pas commun.

J’ai toujours été à la recherche d’un moment passé avec lui. Les moments passés avec lui étaient d’une grande richesse. C’était un homme vrai qui n’a jamais été dans la posture. C’était un homme de terrain disponible, à l’écoute, agissant, toujours préoccupé par ce sentiment d’aider ceux qui étaient à la peine. L’altruisme et la culture de l’altérité étaient profondément ancrés dans son ADN.

Lorsque je lui disais de prendre un magnétophone pour enregistrer son histoire, je le faisais avec beaucoup de précaution parce qu’il était d’une telle humilité et d’une telle modestie que le propos aurait pu lui paraître inconvenant.

Il m’a toujours rappelé «les magnifiques», personnages des livres d’Albert Cohen qui sont très emblématiques de ces Juifs sépharades orientaux. Il était l’un de ces magnifiques. Le héros de Cohen s’appelait Solal et c’était l’un de ces magnifiques. On peut l’appeler «Boris le magnifique». Il avait la générosité, l’élégance et l’humanité.

On a perdu quelqu’un de très précieux. Il est parti comme il le méritait et il a bouclé la boucle à sa façon. Rien ne l’obligeait à travailler comme il le faisait, c’était du bénévolat. Mais l’âge n’avait pas prise sur son travail. Il a été conscient jusqu’à la fin et il a été dans l’action jusqu’à la fin”.

Propos recueillis par Hicham Bennani 

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