Une ONG alerte sur l’ampleur de la répression en Algérie

L’Organisation indépendante « Institut du Caire pour les études sur les droits de l’homme » (CIHRS) a alerté lundi le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU à Genève sur l’ampleur de la répression contre les militants et les défenseurs des droits de l’homme en Algérie.

Dans une déclaration conjointe prononcée dans le cadre du point 2 de l’ordre du jour de la 46ème session du Conseil des droits de l’homme, l’Institut a déploré qu’en 2021, le Conseil ait gardé le silence sur la situation en Algérie en dépit des inquiétudes exprimées par les Procédures spéciales face à l’ampleur de la répression contre les opposants.

L’organisation a rappelé, à ce propos, le cas de l’étudiant Walid Nekich, victime de violence physique, sexuelle, et psychologique durant sa détention préventive de 14 mois.

Nekich a été arrêté en novembre 2019 à la suite de sa participation à une marche pacifique d’étudiants.

Le CIHRS a dénoncé, en outre, la campagne de harcèlement et de persécution visant les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes dans le cadre de l’accomplissement de leur travail.

Il a évoqué, en outre, des procès ouverts en 2020 contre un millier de personnes poursuivies pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, dont 63 chefs d’accusation concernant l’offense au président.

L’organisation a noté, par ailleurs, que la législation adoptée en 2020 est également une atteinte aux droits et libertés fondamentaux, faisant observer que les amendements au code pénal autorisent de même de criminaliser la liberté d’expression et de réunion. L’organisation indique à cet égard qu’au moins treize médias ont été dissous en 2020.

« La détérioration de la situation des droits de l’homme et l’instrumentalisation de la crise pandémique contre la société civile et la criminalisation incessante des libertés fondamentales exigent une réponse urgente du Conseil des droits de l’homme », a plaidé l’Institut.

À l’occasion du deuxième anniversaire du plus grand mouvement pacifique pro-démocratique en Algérie depuis son indépendance – le mouvement Hirak – , l’Organisation a réitéré son appel au Conseil des droits de l’homme pour que les autorités algériennes respectent leurs obligations en vertu du droit international.

« Nous exhortons le Haut-Commissariat et les États membres de l’ONU à appeler les autorités algériennes à libérer sans condition toutes les personnes arbitrairement détenues et à cesser tout harcèlement judiciaire et intimidation à l’encontre des militants et des membres de la société civile, des syndicats et du pouvoir judiciaire », a souligné l’organisation.

Alors que les manifestations pacifiques ont repris dans tout le pays, l’Institut invite le Conseil à surveiller de près la situation des droits de l’homme en Algérie afin de protéger les citoyens algériens qui se mobilisent pour préserver leurs libertés fondamentales.

S.L. (avec MAP)

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