Les sanglots de Theresa May après sa démission (VIDEO)

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé, vendredi, sa démission de son poste de chef du Parti conservateur le 7 juin prochain. 

Dans une déclaration transmise en direct par la BBC depuis le Downing Street, elle a précisé, au bord des larmes, qu’elle restera Première ministre jusqu’à la désignation de son successeur.

La Première ministre conservatrice, Theresa May, ayant survécu à des épreuves ardues tout au long de son mandat depuis sa nomination à la tête du gouvernement britannique en juillet 2016, a fini par céder ce vendredi, après son échec à mettre en oeuvre le Brexit. Une fin de parcours sans gloire, mais bien attendue.

L’arrivée de la Première ministre comme cheffe du gouvernement, au lendemain du référendum qui a décidé de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, avait rassuré les Britanniques, mais la popularité de Theresa May s’est vite affaiblie, notamment après avoir convoqué des élections législatives anticipées en juin 2017, qui se sont soldées contre son gré par un revers cuisant.

Dès lors, la dirigeante conservatrice s’est attirée les foudres de son propre parti, contraint alors de s’allier avec le petit parti unioniste irlandais (DUP) pour former la majorité au parlement.

La fureur des députés s’est accentuée quand la Première ministre a décidé d’adoucir sa position vis-à vis-de Bruxelles, à travers le maintien des échanges industriels et agricoles avec l’Union européenne (UE), et d’élaborer une sorte de nouveau modèle douanier, entraînant ainsi une vague de démissions au sein de son gouvernement.

Si la dirigeante sortante s’est battue corps et âme pour arracher des concessions de l’UE en vue de rallier une majorité parlementaire autour de son accord du Brexit âprement négocié avec Bruxelles, elle n’a toutefois jamais réussi à satisfaire les députés conservateurs, ni à trouver de solution pour l’impasse politique.

Les appels à la démission de la Première ministre n’ont pas arrêté tout au long de son mandat, mais Mme May ne voulait pas lâcher prise et résistait aux nombreux camouflets à la Chambre des Communes. Elle a survécu notamment à un vote de défiance déclenché à son encontre par le président du Comité 1922, responsable de l’organisation interne des Tories, Graham Brady, en décembre dernier.

Faute de faire passer son accord sur le Brexit qu’elle a longtemps négocié avec des dirigeants européens intransigeants, Mme May avait même mis sa démission dans la balance à deux reprises, mais en vain face à un parlement, dont la seule réponse à toutes les options proposées restait désespérément négative!

La dernière tentative en date est une offre sans précédent de la Première ministre de convoquer un second référendum ou d’instaurer une phase transitoire durant laquelle le Royaume-Uni resterait dans une union douanière avec l’UE, dans le cadre d’un “nouvel” accord sur le Brexit, qui semblait avoir été concocté en dernière minute pour faire plaisir à toutes les parties.

Au lieu de gagner le soutien des députés, les “propositions audacieuses” de Mme May n’ont entraîné que la démission d’Andrea Leadsom, une ministre du cabinet chargée des relations avec le Parlement, et ont bien sûr déplu aux Tories, qui lui ont reproché des concessions faites en faveur de leur rival de l’opposition travailliste. Ces propositions étaient la goutte qui a fait déborder le vase. Les Tories, étant incapables de supporter davantage de “bourdes”, ont appelé Mme May à la démission.

La dirigeante conservatrice s’est pliée donc aux pressions intenses de son propre parti l’incitant à quitter ses fonctions de chef du gouvernement, en raison de son échec à mettre en oeuvre le Brexit.

L’annonce de démission intervient suite à une réunion avec Graham Brady, président du Comité de 1922- responsable de l’organisation du Parti conservateur- qui était prêt à déclencher un second vote de censure contre Mme May si elle refusait de démissionner.

“Ce fut l’honneur de ma vie d’être la deuxième femme à occuper le poste de Premier ministre”, a déclaré Mme May dans une allocution prononcée depuis le Downing Street, exprimant “un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit”.

Le mandat de Mme May, qui aura duré trois ans, est considéré comme l’un des plus courts de l’histoire des Premiers ministres britanniques depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Parmi les prétendants favoris à succéder Mme May, figurent notamment l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, le ministre de l’Environnement, Michael Gove, le ministre du Brexit, Dominic Raab, la ministre démissionnaire chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leasdom, et le maire de Londres, Sajid Javid.

Avant d’entrer en fonction, le prochain Premier ministre britannique devra être élu leader du Parti conservateur, avant d’être nommé officiellement à la tête du gouvernement par la Reine Elizabeth II. Selon le parti conservateur, il devrait être nommé d’ici le 20 juillet.

Fille d’un vicaire anglican, Theresa May a commencé sa carrière à la Banque centrale d’Angleterre de 1977 à 1983, puis dans le secteur bancaire privé. Elle a poursuivi sa carrière professionnelle jusqu’à son élection comme députée de la circonscription de Maidenhead, sous les couleurs du Parti conservateur, en 1997.

Exerçant différentes responsabilités dans le cabinet fantôme de l’opposition entre 1999 et 2010, elle devient une des figures de proue du Parti conservateur, qu’elle préside de 2002 à 2003.

Lors de la formation du gouvernement Cameron en 2010, Theresa May est nommée secrétaire d’État à l’Intérieur. À ce poste, elle mène une réforme de la police et adopte des politiques restrictives sur les drogues et l’immigration. Elle a été également nommée ministre des Femmes et des Égalités de 2010 à 2012.

Après le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, lors duquel elle n’a pas d’ailleurs pris position, elle a été désignée chef du Parti conservateur, puis nommée par la Reine Elisabeth II, en tant que Première ministre le 13 juillet 2016.

Nabila Zourara (avec MAP)

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