Tariq Ramadan contre-attaque

Remis en liberté conditionnelle vendredi dernier après plus de neuf mois d’emprisonnement, l’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols sur deux femmes, s’est exprimé pour la première fois sur son affaire.

“Je suis innocent de toutes les accusations portées à mon égard et je continuerai à me battre pour défendre ma dignité et mon honneur. Les éléments du dossier, autant que la façon avec laquelle l’instruction a été menée, confirment que j’ai été maintenu en prison pour des raisons politiques”, a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Et d’ajouter: “Je tiens à remercier ma famille pour son soutien indéfectible ainsi que mon avocat, Me Emmanuel Marsigny, pour sa gestion du dossier. Ma profonde gratitude va également à toutes celles et tous ceux qui, à travers le monde, ont manifesté leur soutien avec beaucoup de générosité, de patience et de courage, malgré le lynchage médiatique, les insultes et les menaces. Merci à tous, du fond du cœur. Votre présence m’a donné de la force”.

“Ma maladie nécessite des soins qui étaient incompatibles avec l’incarcération. Ma santé s’est tellement détériorée durant la détention que je suis désormais dans l’obligation de suivre un lourd traitement. Il faudra du temps, in sha Allah”, a-t-il poursuivi. Le théologien est en effet atteint d’une sclérose en plaques.

“Comme je l’ai fait il y a un an déjà, avant ma détention, je vous réitère ma demande d’éviter les commentaires injurieux, les insultes et les menaces à l’égard des plaignantes et de ceux qui les soutiennent. Le droit et la justice l’emporteront face à la calomnie et aux mensonges sans que nous ayons besoin d’y perdre notre calme et notre sérénité”, a-t-il noté.

Et de poursuivre: “Je remercie Dieu de m’avoir donné la patience et la force de traverser cette épreuve et de m’offrir le courage de poursuivre ce combat pour l’innocence et la manifestation de la vérité”.

Rappelons que Ramadan a été remis en liberté vendredi 16 novembre, après avoir versé une caution de 300.000 euros. Il lui est interdit de quitter le territoire français. Il s’est vu confisquer son passeport suisse, et ne peut entrer en contact avec les plaignantes et quelques témoins. Le Suisse de 56 ans devra également pointer une fois par semaine au commissariat le plus proche de son domicile.

S.L.

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