Mort de George Floyd: les manifestations se propagent dans plusieurs villes américaines

Les manifestations émaillées de violence, qui ont commencé à Minneapolis, dans l’État du Minnesota, après la mort d’un afro-américain suite à son interpellation musclée par la police plus tôt cette semaine, se sont répandues, jeudi soir et vendredi, dans plusieurs villes des Etats-Unis.

A Minneapolis, la mort de George Floyd a déclenché des manifestations de plusieurs jours et des scènes de pillages dans les magasins de la ville, alors que les manifestants dénonçaient un autre crime racial qui s’inscrit dans une longue série d’incidents meurtriers contre des afro-américains impliquant la police.

La violence a atteint son apogée dans la nuit de jeudi à vendredi, lorsqu’un commissariat de police a été envahi et incendié par les manifestants, alors que des émeutes destructrices et des pillages font toujours rage dans la ville. D’autres manifestations – beaucoup pacifiques, certaines entachées par la violence – ont été signalées à travers le pays.

Le Capitole (parlement) de l’État du Colorado à Denver a été mis sous haute sécurité après que quelqu’un a tiré une arme à feu près d’une manifestation pacifique, et les manifestations à Columbus, dans l’Ohio, sont devenues chaotiques alors que la foule montait les marches du Capitole de l’État et a cassé les fenêtres, selon des vidéos publiées par les médias.

Le journal local, Columbus Dispatch, a rapporté que des policiers ont également utilisé du gaz lacrymogène sur une foule au centre-ville après que quelques manifestants ont lancé des bombes fumigènes et des bouteilles d’eau sur les rangées des policiers.

À Phoenix, dans l’Arizona, des centaines de protestataires ont marché vers le Capitole de l’État dans un calme relatif, selon les informations, avant des confrontations tendues avec des policiers plus tard dans la nuit.

Jeudi soir, sept personnes ont été touchées par des coups de feu lors d’une manifestation à Louisville, dans le Kentucky, alors que les tensions continuaient de s’intensifier suite au meurtre d’une femme noire par trois policiers blancs en mars. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux semblaient montrer des coups de feu tirés alors que des manifestants encerclaient un véhicule de police. Aucun officier ne faisait partie des blessés, et il était trop tôt pour déterminer qui était responsable, a déclaré le département de police du métro de Louisville.

Plus de 40 personnes ont été arrêtées jeudi soir à Manhattan, au centre de la ville de New York, alors que des centaines de New-Yorkais se joignaient aux manifestations nationales. Une femme a crié: « Black Lives Matter ! » (Les vies noires comptent!) alors que des policiers l’ont arrêtée et emmené au commissariat, selon une vidéo publiée en ligne.

Une vidéo capturée par des passants montrait George Floyd répétant aux officiers qui l’ont arrêté qu’il ne pouvait pas respirer alors que l’un d’eux le plaquait au sol avec un genou sur le cou. Les images ont rapidement suscité l’indignation lors de leur diffusion sur les réseaux sociaux.

Les quatre policiers impliqués dans l’incident ont été immédiatement licenciés du département de police de Minneapolis. Le maire de la ville a en outre appelé à des poursuites contre l’officier qui s’est agenouillé sur le cou de la victime.

Le président Donald Trump, qui avait précédemment qualifié la vidéo de la mort de Floyd de « choquante », a qualifié les manifestants de jeudi soir de « voyous » sur Twitter et déclaré que « lorsque le pillage commence, les tirs commencent », ce qui a incité le réseau social à joindre un avertissement au Tweet du président, avertissant qu’il violait les règles de l’entreprise sur la « glorification de la violence ».

Un porte-parole de Twitter a indiqué qu’il s’agit de la première fois qu’une telle mesure est prise contre un chef d’Etat pour avoir enfreint les règles du réseau social sur la glorification de la violence.

S.L. (avec MAP)

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