Affaire Khashoggi: MBS sort enfin de son silence

Il y a près d’un an, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été froidement assassiné et décapité dans le consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul. Si les rapports de l’ONU, de la CIA et autres pointent du doigt la responsabilité du prince héritier Mohamed Ben Salmane (MBS) dans ce meurtre, ce dernier ne s’est jamais exprimé sur cette affaire. Les autorités saoudiennes, de leur côté, ont reconnu qu’il a été tué par des agents saoudiens mais nient en revanche toute implication de MBS.

Un an après le meurtre de Jamal Khashoggi qui avait provoqué un tollé général, le prince héritier s’est exprimé pour la première fois sur cette affaire. Dans une interview accordée au correspondant de Frontline Martin Smith dans le cadre d’un documentaire qui sera diffusé le 1er octobre sur PBS, MBS a déclaré qu’il était responsable du meurtre de Khashoggi. «Je reconnais ma responsabilité dans cette affaire parce que ce meurtre a eu lieu alors que je suis le prince héritier d’Arabie Saoudite. Cet assassinat s’est produit sous ma gouverne. Mais je peux vous assurer que je n’étais pas au courant», s’est défendu MBS. Interrogé sur la manière dont le meurtre aurait pu avoir lieu à son insu, MBS a affirmé : «Nous avons 20 millions de personnes et trois millions d’employés du gouvernement». «Les tueurs auraient pu prendre des jets privés du gouvernement ?», lui a demandé Martin Smith. «J’ai des fonctionnaires, des ministres pour suivre les choses et ils sont responsables. Ils ont le pouvoir de le faire», a répondu le prince, qui a qualifié le meurtre de Khashoggi d’ «odieux».

Rappelons qu’un documentaire d’Al Jazeera Arabic avait annoncé que le corps du journaliste saoudien aurait été brûlé dans un grand four dans la résidence du consulat saoudien à Istanbul. D’après l’ouvrier qui a construit ce four, ce dernier résistait à des températures supérieures à 1000°C. «Suffisamment chaud pour faire fondre du métal», a-t-il précisé, ajoutant que cette option a été exigée par le consul saoudien.

Les autorités turques, de leur côté, ont annoncé que de grandes quantités de viande ont été grillées dans ce four après l’assassinat de Jamal Khashoggi afin de couvrir la crémation du corps du journaliste. Elles ont également précisé que des traces du sang de la victime ont été découvertes sur les murs du bureau du consul après avoir retiré la peinture appliquée par l’équipe de l’assassinat. «Une astuce pour cacher toute preuve», précise-t-on dans le documentaire.

Selon la même source, le chef des services de renseignements turcs Hakan Fidan était le premier à avoir contacté les responsables saoudiens pour savoir où se trouvait Khashoggi. Il a même appelé le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohamed Ben Salmane, lui demandant de révéler ce qui est arrivé au journaliste.

L’Arabie Saoudite avait finalement admis, en octobre dernier, que Jamal Khashoggi avait été tué au consulat saoudien d’Istanbul. 11 personnes ont été accusées d’être impliquées dans l’assassinat du journaliste par le parquet saoudien.

N.M.

 

 

 

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