Le cimetière des migrants

Cette année s’avère extrêmement meurtrière pour les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée vers l’Europe.

Au milieu de l’année, le nombre de morts avait déjà atteint 2 800, alors qu’il s’élevait à 1 800 pendant la même période l’an dernier, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le mois dernier, plusieurs embarcations ont coulé et plus de 1 000 migrants sont morts noyés.

Les raisons de la hausse de ces décès sont complexes. Il n’y a aucune augmentation notable cette année du nombre de migrants sur l’une des routes principales qui relie, par la Méditerranée, l’Afrique du Nord à l’Italie. Comme cette année le climat est chaud et les mers calmes, la traversée semble plus favorable qu’à d’autres périodes et l’espoir d’un voyage plus sûr ne fait qu’augmenter.

En 2016, le nombre de migrants décédés sur la route maritime vers l’Italie a doublé en seulement une semaine.

Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’OIM en Italie, a souligné que le type de bateaux utilisés pour transporter les migrants était l’une des principales raisons de l’augmentation des décès. Fin mai, par exemple, un bateau sans moteur a chaviré et a été tiré par un autre navire, ce qui a causé la mort de 500 personnes : «C’est la première fois que je vois une chose pareille !» a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il était  témoin d’une situation où des migrants étaient embarqués sur des bateaux en bois qui ne conviennent pas à la navigation. Auparavant, les navires les plus utilisés étaient des zodiaques. De nombreux migrants voyagent sur de grands navires en bois, pouvant accueillir plus de personnes. «Deux naufrages sur ces bateaux peuvent entraîner jusqu’à 800 morts» a précisé Di Giacomo.

Environ 2 500 migrants venus d’Érythrée, de Gambie, du Nigeria et de la Somalie sont morts cette année en tentant de traverser la Méditerranée vers l’Italie. S’exprimant lors d’une conférence à Genève, il y a plusieurs semaines, William Spindler, un porte-parole pour le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a déclaré que les migrants courent un risque de 1 à 23 de mourir sur la route de l’Afrique du Nord à l’Italie.

Par ailleurs, dans la région méditerranéenne, plus de 200 000 migrants sont partis par la mer cette année, 7 000 ont voyagé par voie terrestre. Environ 150 000 sont arrivés en Grèce, 50 000 en Italie. Les migrants vers l’Italie viennent de l’Érythrée, du Nigeria, du Soudan, de la Somalie, de la Côte d’Ivoire et de Gambie, tandis que ceux qui arrivent en Grèce sont partis de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan et d’Iran.

L’an dernier, 475.000 Syriens et 205.000 Afghans se sont rendus en Grèce. 12 000 Érythréens et 5 000 Nigérians ont voyagé vers l’Italie. Et mises à part les noyades enregistrées dans la région méditerranéenne, les migrants trouvent la mort suite à l’asphyxie, l’incendie d’un bateau, l’exposition au soleil ou l’hypothermie.
75 000 Syriens et 40 000 Afghans ont fait le voyage vers la Grèce, 6000 Érythréens et 6 000 Nigérians vers l’Italie, depuis mai de cette année.

Zineb Alaoui 

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