La Tunisie secouée par le mariage d’une mineure de 13 ans

Des dizaines de personnes se sont rassemblées cette semaine devant le Parlement tunisien pour réclamer la révision d’une loi qui permet à un homme d’échapper à des poursuites pour des relations sexuelles avec une mineure en épousant sa victime.

« A bas l’article 227 bis », « Loi rétrograde », « Révisez l’article de la honte », ont scandé les protestataires, pour la plupart des femmes, devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a constaté une journaliste de l’AFP.

Un appel à manifester avait été lancé la veille en réaction à la décision du tribunal de première instance du Kef (nord-ouest) d’autoriser le mariage d’une fille de 13 ans avec un proche de 20 ans l’ayant mise enceinte. Cette affaire a suscité de vives critiques sur les médias, les réseaux sociaux et provoqué l’indignation d’organisations qui jugent que la fille a été violée et que son « agresseur » a pu échapper à des poursuites du fait de cette loi.

L’article 227 bis du Code pénal tunisien punit de six ans de prison toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis », mais précise que « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites ».
« Cette loi doit être révisée! C’est honteux pour la Tunisie de laisser un article aussi rétrograde et injuste qui permet le viol des enfants –et je dis bien +viol+ parce que il ne faut pas parler de consentement quant il s’agit des enfants–« , a déclaré à l’AFP Aïda, 52 ans.
D’autres manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: « Il l’a violée une fois, la loi lui a permis de la violer chaque nuit », ou encore « La perpétuité pour le viol d’une mineure et pas le mariage ».
Mercredi, le porte-parole du parquet de Kef a précisé à l’AFP que le procureur général du tribunal s’était constitué partie civile et réclamait l’annulation de la décision judiciaire ayant autorisé ce mariage.
« On attend la décision du président du tribunal pour que la partie civile puisse réclamer un procès », dans le cas notamment où la famille de la jeune fille continuerait de soutenir un tel mariage, a-t-il ajouté.
Si la Tunisie est considérée comme pionnière des droits des femmes dans le monde arabe, ces dernières restent discriminées dans plusieurs cas.
Un projet de loi contre les violences faites aux femmes, qui date de 2014, attend toujours d’être examiné au Parlement.

(avec AFP)


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