E-cigarette: l’OMS veut une réglementation plus stricte

L’Organisation mondiale de la santé a rappelé, mardi, la dangerosité des nouveaux produits proposés par l’industrie du tabac, tels que les cigarettes électroniques, estimant qu’il faut fixer une réglementation plus stricte dans ce domaine.

« De nombreux pays font des progrès dans la lutte contre le tabac, mais certains ne s’attaquent pas aux nouveaux produits du tabac et à base de nicotine et ne les réglementent pas », déplore un nouveau rapport de l’OMS sur le tabac.

Ce rapport présente, pour la première fois, de nouvelles données sur les inhalateurs électroniques de nicotine, tels que les cigarettes électroniques. « L’industrie du tabac et les industries connexes qui fabriquent ces produits les commercialisent souvent auprès des enfants et des adolescents en ayant recours à des milliers de saveurs attrayantes et en invoquant des arguments fallacieux à leur sujet », fait observer le rapport.

L’OMS « s’inquiète de constater que les enfants qui recourent à ces produits sont jusqu’à trois fois plus susceptibles de consommer des produits du tabac par la suite ». L’agence onusienne recommande aux gouvernements de mettre en œuvre des règlements visant à empêcher les non-fumeurs de commencer à les utiliser, de contrer une nouvelle banalisation du tabagisme au sein de la population et de protéger les générations futures.

« La nicotine crée une forte dépendance. Les inhalateurs électroniques de nicotine sont nocifs et doivent être mieux réglementés », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cité par le rapport. « Lorsque ces dispositifs ne sont pas interdits, les pouvoirs publics devraient adopter des politiques appropriées afin de protéger leurs populations des méfaits des inhalateurs électroniques de nicotine et d’empêcher leur usage par les enfants, les adolescents et d’autres groupes vulnérables », a-t-il ajouté.

D’après la même source, 32 pays ont interdit la vente d’inhalateurs électroniques de nicotine. Soixante-dix-neuf autres ont adopté au moins une mesure partielle pour en interdire l’utilisation dans les lieux publics, en interdire la publicité, la promotion et le parrainage, ou exiger l’affichage de mises en garde sanitaires sur les emballages. Cela signifie qu’il reste encore 84 pays où ils ne font l’objet d’aucune forme de réglementation ou de restriction, déplore l’OMS.

« Plus d’un milliard de personnes dans le monde fument encore. Et tandis que les ventes de cigarettes ont chuté, les cigarettiers ont lancé la commercialisation agressive de nouveaux produits – comme les cigarettes électroniques et les produits du tabac chauffés – et ils ont fait pression sur les gouvernements pour qu’ils en limitent la réglementation », a alerté Michael R. Bloomberg, l’ambassadeur mondial de l’OMS chargé des maladies non transmissibles et des traumatismes et le fondateur de Bloomberg Philanthropies.

TB


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