Covid-19: la peur monte d’un cran en Espagne

En Espagne, durement touchée par la pandémie liée au nouveau coronavirus avec officiellement plus de 28.400 décès, la crainte ne cesse de grandir chaque après jour suite à l’apparition de nouveaux foyers d’infection dans plusieurs régions du pays.

Le pays compte désormais 369 foyers de coronavirus depuis la fin de l’état d’alerte, dont 281 sont toujours actifs touchant environ 4.000 personnes.

Selon le ministère espagnol de la Santé, les foyers de contagion enregistrés ces dernières semaines proviennent notamment des travailleurs saisonniers agricoles recrutés pour les récoltes de fruits, mais aussi sont dus au « relâchement » des mesures de sécurité et d’hygiène dans les lieux de fêtes, en famille ou dans les restaurants et les lieux de loisirs (salles de jeux, discothèques, etc).

« Nous avons une tendance à la hausse ces trois dernières semaines et, en fait, les cas ont triplé, mais jusqu’à 70% sont asymptomatiques », selon le département de la Santé, qui précise que 65% des nouveaux cas se trouvent en Catalogne et en Aragon.

Dans ce sens, le ministre de la Santé, Salvador Illa, a demandé à la population de « respecter avec rigueur » les nouvelles mesures prises par les autorités dans les zones qui préoccupent le plus.

Les autorités centrales et régionales consacrent tous leurs efforts au contrôle et à la détection précoce des foyers, bien qu’elles restent particulièrement préoccupées par les foyers en Aragon et à Barcelone, où l’augmentation de la contagion a obligé à imposer des confinements à Lleida et à réduire les activités dans plusieurs zones d’Aragon.

Devant l’accélération des cas, toutes les régions espagnoles, à l’exception de Madrid et des Iles Canaries, ont renforcé le port obligatoire du masque, même si la distance de sécurité peut être maintenue, sous peine d’amende.

Résultat de cette situation, le gouvernement britannique a imposé depuis dimanche aux passagers provenant de l’Espagne une quatorzaine à l’isolement tandis que la Norvège a imposé, elle, une quarantaine de dix jours et que la France a « vivement recommandé » à ses ressortissants d' »éviter » de se rendre en Catalogne.

Malgré la flambée de cas de coronavirus et la pression étrangère, l’Espagne demeure confiante quant à sa capacité de maîtriser cette situation prévue par les autorités du pays ibérique.

« L’Espagne est un pays sûr. Comme d’autres pays européens, l’Espagne a de nouveaux foyers. Ce n’est pas inhabituel. Le plus important est que l’Espagne fait de grands efforts pour contrôler ces foyers », a souligné la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya.

Elle a assuré que la situation était « sous contrôle » et les « foyers sont localisés, isolés et contrôlés ».

Dans une tentative de réduire l’impact de la décision britannique sur le secteur touristique qui représente 12% du PIB du pays, Mme Laya est en « contact permanent » avec son homologue du Royaume-Uni pour exclure de la quarantaine les touristes britanniques se rendant aux Baléares et aux Canaries.

Selon la ministre, ces deux communautés autonomes, très prisées par les Britanniques et les Allemands, présentent un niveau de contagions « bien inférieur aux données épidémiologiques du Royaume-Uni ».

Un peu plus d’un mois après la fin de l’état d’alerte, l’étau se resserre sur l’Espagne qui a vécu une des étapes les plus difficiles de son histoire entre mars et juin en imposant des mesures de confinement des plus sévères.

Toutefois, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez assure que la montée des cas du coronavirus ne signifie pas une deuxième vague de la pandémie et se dit confiant que les régions disposent de tous les moyens pour faire face aux nouveaux foyers et écarter ainsi l’éventualité d’un nouvel état d’alerte et d’un reconfinement du pays.

S.L. (avec MAP)

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