Avant la visite de MBS, l’Algérie parle de l’affaire Khashoggi

Plus d’un mois après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, l’Algérie est enfin sortie de son silence pour condamner ce crime, réitérant toutefois sa confiance en la justice saoudienne qui «saura élucider les circonstances de cet assassinat».

Le porte-parole du ministère algérien des affaires étrangères a, en effet, condamné «avec la plus grande vigueur» lors d’une conférence tenue dimanche 25 novembre «l’horrible assassinat» du citoyen saoudien. «L’Algérie a pris connaissance des éléments de l’enquête menée par la justice saoudienne concernant le meurtre de Jamal Khashoggi, tels que rendus publics par le procureur général du royaume d’Arabie saoudite, le 16 novembre dernier. Nous prenons acte des conclusions auxquelles est parvenue la justice saoudienne concernant les circonstances du crime et l’identité de ceux qui l’ont ordonné et exécuté. L’Algérie, qui est lié à l’Arabie Saoudite par des relations étroites de fraternité, de coopération et qui partage avec elle un destin commun, exprime sa conviction que la justice saoudienne saura faire toute la lumière sur ce meurtre», a-t-il assuré.

En parallèle, plusieurs leaders de partis islamistes ont exprimé leur refus de la visite que le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohamed Ben Salmane compte effectuer en Algérie dans les prochains jours. Pour le président du Mouvement de la société de paix (MSP) Abderrazak Mokri, cette visite, en cette période précise, est loin de servir l’image et la réputation de l’Algérie, accusant l’Arabie Saoudite d’être responsable de la guerre au Yémen, du meurtre de Khashoggi et de l’incarcération de plusieurs prédicateurs, de juristes et d’hommes de culture au Royaume. «Peut-être que MBS cherche à rassurer l’Algérie sur la chute du pétrole», s’est insurgé le président.

Rappelons par ailleurs que 50 avocats tunisiens ont déposé plainte, à la demande de leurs confrères, de journalistes et de blogueurs, exigeant l’annulation de la visite que MBS compte effectuer le 27 novembre à Tunis dans le cadre d’une tournée dans des pays arabes. Selon le coordinateur de cette action Nizaz Boujlal, cette décision a été prise suite à l’assassinat non élucidé du journaliste saoudien dans le consulat saoudien à Ankara.

Le prince héritier d’Arabie Saoudite a entamé jeudi 22 novembre une tournée à l’étranger qui devrait l’emmener dans plusieurs pays arabes. Les Emirats arabes unis (EAU) sont la première étape de son périple.

Le cabinet royal saoudien a annoncé que le prince effectuera, sur instruction du roi Salmane, une tournée dans plusieurs pays arabes visant à “renforcer les relations du pays aux niveaux international et régional” et de “poursuivre la coopération et les contacts avec ces pays frères dans tous les domaines”.

Selon plusieurs sources médiatiques, MBS devrait, après avoir entamé sa tournée aux EAU, visiter l’Egypte, le Bahreïn, la Tunisie, l’Algérie et la Mauritanie. Le Maroc serait ainsi exclu du périple princier.

Depuis l’assassinat, le 2 octobre dernier, du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul, l’image du prince en a pris un coup. Il serait en effet le commanditaire de ce meurtre. Le Washington Post a d’ailleurs annoncé que la CIA a conclu que Mohamed Ben Salmane a ordonné le meurtre du journaliste.

N.M.

 

 

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