Voici vers quoi se dirige le tourisme marocain

Le tourisme marocain s’oriente de plus en plus vers « une croissance inclusive », a relevé Fouzi Zemrani, expert en tourisme et ex vice-président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), à l’occasion de la journée mondiale du tourisme, célébrée le 27 septembre de chaque année.

La thématique de cette année, à savoir « tourisme et croissance inclusive », rappelle les engagements publics et privés de ce secteur depuis 2011 et plus exactement lors de la signature du contrat programme vision 2020, devant le roi Mohammed VI, a souligné Zemrani.

« Dans ce contrat programme, a-t-il poursuivi, il y avait un chapitre entier consacré au tourisme durable et responsable. Au sortir de cette pandémie, le tourisme responsable est une réponse aux attentes des touristes qui veulent participer au développement des communautés dans la recherche d’un véritable équilibre social, économique et environnemental ».

L’expert a, en outre, précisé que la croissance qui doit intervenir suite à ces deux années de « disette imposée », doit par la force des choses, inclure toute la chaîne de valeur touristique, qui ne se limite pas aux métiers classiques du tourisme tels que définis par l’article 20 du contrat programme Vision 2010.

C’est à ce propos, qu’il a soutenu que le tourisme marocain est riche par une diversité de micro entreprises qui se sont imposées durant cette dernière décennie en proposant une offre pléthorique de services, qui répondent à une demande que les entreprises dites structurées ne peuvent satisfaire.

« Jusqu’à ce jour, elles ont proliféré dans l’informel, vivant au jour le jour. La crise du coronavirus a mis à nu leur précarité et forcé l’état à les prendre en charge », a-t-il affirmé.

Il a, par ailleurs, rappelé que la généralisation de la couverture sociale décrétée par le Souverain en faveur de tous les Marocains, constitue un véritable début de réponse à l’inclusion, soulignant l’impératif d’aller plus loin, pour permettre aux acteurs de ce même secteur de vivre dignement de leur savoir-faire, tout en respectant une certaine éthique et en créant un climat de confiance avec les visiteurs.

Et de rappeler qu’en 2005, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) recommandait d’investir dans le capital humain pour relever les défis de demain. « Certains d’entre nous y ont cru, surtout les agences de voyages réceptives dont beaucoup se sont investies pour accompagner des petites entreprises locales, souvent familiales dans des régions reculées du Royaume en programmant des circuits pour découvrir de manière authentique des paysages insolites et surtout partager le quotidien d’une population certes humble, mais accueillante et dotée d’une grande dignité », a-t-il soulevé.

Cette mobilisation a conduit à la création de coopératives aussi bien dans l’artisanat que dans les produits du terroir, mettant en place des circuits courts permettant aux consommateurs nationaux ou touristes de s’approvisionner directement, a-t-il dit, relevant qu’une dynamique s’est peu à peu développée pour désenclaver les régions, d’autant plus que le ministère du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale s’est aussi impliqué et la grande distribution s’est ouverte aux petits producteurs.

Néanmoins, la propagation du Covid-19 a secoué plus que jamais le tourisme et ses ayants droits, à tel point que certains « ne pourront plus récupérer », a-t-il poursuivi, relevant à cet effet, que l’ambition de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) de guider ce secteur vers une reprise et une croissance inclusives et de veiller à ce que chaque acteur du secteur ait voix au chapitre concernant son avenir y compris les communautés, les minorités, les jeunes et ceux qui risqueraient autrement d’être laissés de côté, « ne pourrait qu’être bénéfique ».

A.S.


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