Violences faites aux femmes: les chiffres inquiétants de la DGSN

Les services relevant de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) chargés du traitement des affaires de violence contre les femmes ont enregistré, depuis le début de l’année, 61.388 dossiers portant sur toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles avec un total de 62.383 victimes dont 7 % des mineures, a indiqué, ce jeudi à Rabat, Sara Bazazi, commissaire principal, chef du service des études à la Direction de la police judicaire.

Intervenant lors d’une journée d’étude sur  »Les défis et contraintes de prise en charge des femmes et des filles victimes des violences », organisée par la DGSN en partenariat avec le Bureau des Nations unies pour la femme (ONU Femmes) et le soutien de l’ambassade du Canada au Maroc, elle a mis en avant les efforts déployés par la DGSN dans le traitement des affaires de ce genre, avec un taux d’élucidation de 97 % et la présentation devant la justice de 19.664 prévenus.

La responsable a fait savoir que 8 % des femmes violentées sur ce total ont retiré leurs plaintes durant cette période, relevant qu’en comparaison avec la même période de l’année précédente et conformément à l’article 1 de la loi 103.13 relative à lutte contre la violence faites aux femmes, la violence physique se place en haut du tableau (41 %), suivent après la violence économique (27 %), la violence psychique (26 %), la violence sexuelle (4 %) et en dernier, la violence via les nouvelles technologies (2 %).

Concernant les violences à l’encontre des femmes durant l’année 2020, elle a fait état de 50.841 affaires et d’un total de 47.033 victimes dont 9 % sont des mineures, avec un taux d’élucidation de 94 % et la présentation devant la justice de 15.806 prévenus.

Dans cette statistique, la violence physique occupe la première place avec 44 %, suivie de la violence économique (26 %), de la violence psychique (20 %), de la violence sexuelle (9 %), et 1 % pour la violence commise via les nouvelles technologies, a-t-elle noté, avant de préciser que les agressions physiques donnant lieu à un arrêt d’activité ne dépassant pas les 20 jours représentent 82 % de l’ensemble des affaires, suivies à hauteur de 16 % des violences physiques d’un degré moyen alors que les agressions graves ne représentent que 2 %.

Sur le plan de la répartition selon les âges des femmes victimes de violence, la responsable a fait remarquer que les femmes âgées de 31 à 45 ans arrivent au premier rang (38 %), suivies de celles âgées de 18 à 30 ans (34 %), des femmes âgées de 46 à 60 ans avec un taux de 15 %, des filles âgées de 12 à 17 ans (7 %), des femmes âgées de 60 ans et plus (5 %) et des filles de moins de 12 ans avec 1 %.

Cette journée d’étude a été marquée par la projection de plusieurs capsules vidéos montrant les efforts déployés par la DGSN pour la prise en charge des femmes victimes de violences, outre un exposé sur  »les normes et règles internationales portant sur la coordination entre l’ensemble des intervenants concernés par la prise en charge des femmes et filles violentées ainsi que les nouveautés de la loi 103.13 et la création des cellules de prise en charge des femmes victimes de violence.

La rencontre a été aussi ponctuée d’ateliers sur les défis posés par la prise en charge des femmes et filles victimes de violence à l’appui de quatre fondamentaux : la prévention, la protection, le suivi et le partenariat, lesquels ateliers ont été sanctionnés par des recommandations.

SR



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