Vers une flambée des prix des restaurants au Maroc ?

Les restaurateurs, qui avaient accueilli avec joie l’allègement des restrictions imposées par la pandémie, ne sont pas encore sortis de l’auberge.

Pour Mohamed Elfane, président de la Fédération marocaine de la franchise (FMF), qui s’est entretenu avec Les Inspirations ÉCO, «c’est avec une grande joie que nous avons accueilli l’allègement des mesures barrière, lequel a porté ses fruits», explique-t-il, notant une augmentation de la fréquentation dans les restaurants, fast-foods et cafés. Une évolution qui se situerait dans une moyenne de 15% à 25%, selon les quartiers et les concepts. Mais tout n’est pas parfait.

Nombreux sont les professionnels qui peinent encore à définir une feuille de route claire de reprise.Encore traumatisés par les longs mois difficiles de galère, au plus fort de la crise sanitaire où tous les secteurs d’activité, en particulier le domaine de la restauration, ont été mis à l’arrêt ou presque, beaucoup hésitent encore à investir dans la reprise. La situation est plus inquiétante chez les franchises internationales qui importent principalement des produits en emballage.

Selon l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture, les prix des ingrédients tels que les céréales et les huiles ont atteint leur plus haut niveau depuis dix ans. En effet, si pendant la pandémie la production de matières premières a chuté dans de nombreux pays, les mesures de lutte contre le virus, mais aussi la maladie, ont limité la production et la livraison. Alors que la reprise s’annonce dans les quatre coins du monde, l’offre pour ces produits n’a pas pu suivre la relance de la demande, ce qui a entraîné une hausse des prix. Dans le détail, cette envolée des prix concerne les matières premières alimentaires, comprise entre 5 et 55% sur un an. Cette hausse n’est pas près de s’arrêter, et se trouve particulièrement prononcée pour le blé (+26% en août contre 16 % en juin), les huiles (+39% contre 28 % en juin), les fruits (+34%), affectés par les gels du printemps, selon les spécialistes.

« L’augmentation des prix des matières premières alimentaires va se répercuter sur les prix pratiqués dans les restaurants, cafés, fast-foods, pour ne citer que ceux-ci. Ce qui risque de fragiliser davantage le consommateur quand on sait que le pouvoir d’achat des Marocains a été durement impacté par la crise liée à la Covid-19 », anticipe Mohamed Elfane.

Le patron de la Fédération marocaine de la franchise espère que le gouvernement, qui vient de s’installer, mettra en place une feuille de route leur permettant d’avoir la visibilité, au moins sur un an, avant de proposer une vision claire pour le secteur.

Khadim Mbaye



Rejoignez LeSiteinfo.com et recevez nos newsletters


Articles similaires

Bouton retour en haut de la page