Vaccin anti-covid: comment éviter une rupture de stock pour le Maroc

Un haut responsable de l’entrepôt central nous affirmait que la distribution des doses de vaccin anti Covid au Maroc se fait de manière réfléchie, tenant compte de la première et de la seconde injection. «Le stock au niveau central est réparti en deux, à raison d’un stock tournant pour la première et deuxième dose, et un stock de sécurité pour répondre à tout besoin en cas d’incident particulier qui pourrait aboutir à un manque», expliquait-t-il. Mais, aujourd’hui, l’heure est à la diversification des sources d’approvisionnements. En effet, alors que les deux principaux fournisseurs du royaume, Sinopharm et AstraZeneca, sont submergés par les nombreuses et volumineuses commandes des pays riches, au Maroc, on se mobilise pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement.

C’est dans cette optique, d’ailleurs, que le Comité technique de vaccination a approuvé les vaccins Spoutnik et Johnson & Johnson. Deux vaccins dont la tolérance et l’efficacité ont été prouvées. Efficace à 85% pour empêcher les formes graves du Covid-19, une donnée cruciale car c’est ce qui évite les hospitalisations et les décès, selon nos confrères du « Capital ».

Le vaccin Johnson & Johnson présente plusieurs avantages logistiques en ne nécessitant qu’une seule injection, contrairement aux vaccins de Pfizer/BionTech, Moderna ou AstraZeneca qui, eux, se prennent en deux doses espacées de plusieurs semaines. De plus, selon toujours la même source, il peut être conservé durant trois mois à des températures de réfrigérateur standard, ce qui facilite sa distribution. Notons que son efficacité a été testée lors d’essais cliniques sur environ 40.000 personnes âgées de 18 ans ou plus dans plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Mexique, le Brésil et l’Afrique du Sud. S’agissant du vaccin russe, qui a d’ores et déjà été approuvé par plus d’une quinzaine de pays, il revendique une efficacité évaluée à 91,6% à partir des essais de phase 3 a été validée par la revue scientifique The Lancet. Mieux, le produit russe présente l’avantage, non négligeable, de pouvoir être conservé entre 2 et 8°C. À priori, les deux produits semblent remplir tous les critères requis.

Mais ce n’est pas encore gagné pour autant. L’approbation du comité scientifique ne suffit pas. Le dernier mot revient au ministère de la Santé qui serait en train d’examiner les dossiers d’autres vaccins, tels que celui d’AstraZeneca qui est produit par la firme sud-coréenne SK Bio. On le voit bien, si la tutelle se veut rassurante, au Maroc, la prudence est de mise. Et pour cause, la COVID-19 continue à émerger dans le monde et dans le royaume avec l’apparition de nouveaux variants du virus.

«Ce qui nous incite à adapter les outils thérapeutiques et scientifiques et nous pousse à diversifier l’approvisionnement en vaccins dont le royaume pourra en bénéficier», révèle un document établissant un benchmark des candidats-vaccins contre le SARS-CoV-2. Dans la même foulée, pour se protéger des variants du coronavirus, le royaume a suspendu lundi tous les vols avec la Pologne, la Norvège, la Finlande, la Grèce, le Liban et le Koweït, a annoncé l’Office national des aéroports, ce qui porte à 26 le nombre de pays concernés par les restrictions aériennes. Les autorités ont recensé 486.833 contaminations depuis le premier cas signalé en mars 2020, dont 8.695 décès, selon le bulletin quotidien du ministère. Quant à l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis mars 2020, il a été prolongé jusqu’au 10 avril, avec un couvre-feu nocturne jusqu’à mi-mars. Les frontières du pays sont toujours fermées même si des vols réguliers fonctionnent.

La campagne nationale de vaccination contre le virus de la Covid-19, lancée le 28 janvier dernier par le roi Mohammed VI, a atteint plus de 4 millions de personnes vaccinées au Maroc. Une belle réussite qui suscite l’admiration en France. Si la campagne de vaccination française s’est nettement accélérée ces dernières semaines, avec 1,2 million de doses injectées rien que durant la première semaine de mars, cela ne lui a pas encore permis de rattraper son retard sur d’autres nations, affirme par exemple le journal Ouest-France dans son édition du jeudi. Le média fait le parallèle entre le déroulement accéléré de la campagne de vaccination dans le royaume et «la lenteur» qui caractérise celle menée dans l’hexagone. Le journal qui estime que la France devrait s’inspirer de pays comme le Maroc. Il faut rappeler que le royaume figure dans le top 10 des pays où il fait bon de se faire vacciner contre la Covid-19.

Khadim Mbaye

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