Un photoreporter franco-marocain expulsé de Mauritanie

Il s’appelle Seif Kousmate et a été expulsé le 24 mars par les autorités mauritaniennes. Ce photreporter franco-marocain a été arrêté lors d’un reportage sur l’esclavage dans le pays et a passé plus de trois jours au siège de la police de Nouakchott.

Il a été inculpé le 20 mars, date prévue pour son retour au Maroc. Pendant plusieurs jours, la police, qui lui a confisqué son ordinateur, son téléphone et ses cartes mémoires, l’a interrogé sur l’interview qu’il a effectuée avec Biram Dah Abeid, ex-candidat à la présidentielle et figure du mouvement anti-esclavagiste en Mauritanie.

Seif a par la suite décidé d’entamer une grève de faim pour pousser les autorités mauritaniennes à le libérer. Ces dernières, selon Reporters sans frontières, le soupçonnaient de terrorisme et d’activisme pour la cause des descendants d’esclaves.

De retour au Maroc, le journaliste reporter s’apprête à publier son reportage sur ce dossier qui fait mal à la Mauritanie. Il a confié à RSF qu’il avait assez de matière pour élaborer un produit complet.

Pour sa part, l’organisation a vivement dénoncé l’expulsion de Seif, estimant que la Mauritanie «ne mettra pas fin à la pratique illégale de l’esclavage en empêchant les journalistes de s’y intéresser». «La détention et l’expulsion de ce journaliste démontrent une nouvelle fois le tabou et la censure qui entourent la question de l’esclavage en Mauritanie», dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique à RSF.

N.M.

 

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