Un conseiller royal compare les règnes de Mohammed VI et Hassan II

Ce 30 juillet 2019, le Maroc célèbre le 20ème anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI. L’heure est au bilan et aux perspectives d’avenir.

Dans un entretien accordé à l’AFP, les conseillers royaux, Omar Azziman et Abdellatif Menouni, sont revenus sur les réalisations accomplies par le Royaume, mais surtout sur les principaux défis à surmonter.

Les Marocains peuvent être fiers du parcours accompli mais ils ne sont pas insensibles aux imperfections, aux carences et aux dysfonctionnements, a affirmé Omar Azziman, soulignant que pour continuer à avancer, la cohésion sociale est un élément « crucial ».

« Les bienfaits du développement réalisé pendant ces 20 années n’ont pas bénéficié à tout le monde. Nous avons un mécontentement, nous n’arrivons pas à trouver des emplois pour nos jeunes, nous avons des régions trop déshéritées », a jugé Azziman.

Au départ, la priorité était d’avancer dans le domaine de la démocratie, de construire un état de droit, de consolider les droits humains, de tourner la page du passé, de réussir l’expérience d’une justice transitionnelle, a fait savoir Azziman, précisant qu’à partir de 2004, la priorité s’est portée sur les grands chantiers économiques, les grands travaux d’infrastructures -routes, autoroutes, ports, aéroports- et l’économie avec un accent sur l’agriculture, l’industrie, les énergies alternatives.

Mais aujourd’hui, la priorité se déplace sur la réduction des inégalités sociales, spatiales, territoriales, a-t-il souligné, notant qu’il s’agit d’un « énorme » chantier qui demande un nouveau modèle de développement plus sensible à l’impératif de justice sociale et une nouvelle politique territoriale à laquelle la régionalisation avancée contribuera fortement.

Depuis l’avènement du roi Mohammed VI, le Maroc s’inscrit à la fois dans la continuité et le changement, a fait observer Azziman, ajoutant qu' »il n’y pas eu de changement de régime et il n’y a pas eu de rupture, le système est resté le même en prouvant qu’il a une forte capacité d’adaptation à l’évolution du temps et de la société ».

La principale différence avec le règne de Hassan II, est que le Royaume est passé « à la vitesse supérieure » dans les choix stratégiques, l’action de l’État, la conduite des politiques publiques et l’exigence de l’efficacité, estime le conseiller.

« Le monarque occupait une place centrale dans la précédente Constitution, il occupe toujours une place centrale: c’est l’idée de la continuité ». Autrefois le monarque occupait une place indéterminée avec des contours mobiles et flottants, aujourd’hui il occupe une place définie avec un périmètre limité: « le changement est énorme », a-t-il dit. « Nous ne sommes pas dans une monarchie du type Espagne ou Pays-Bas où le monarque règne mais ne gouverne pas, nous sommes dans un autre type de monarchie mais les attributions du roi sont délimitées », a expliqué Azziman.

Pour sa part, Abdellatif Menouni a indiqué qu’un certain nombre de choses ont été accomplies et « l’essentiel en matière démocratique a été fait, il reste à approfondir ».

« La nouvelle Constitution a offert des possibilités aux partis politiques leur permettant de s’imposer plus qu’auparavant », a affirmé Menouni, notant toutefois que « dans les faits, il y a des lenteurs, le changement attendu n’a pas eu lieu, il faut peut-être du temps. »

« On est dans le trajet d’une monarchie parlementaire (…) mais bien évidemment, il reste peut-être certaines dispositions à perfectionner », a estimé l’universitaire constitutionnaliste.

S.L.


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