Tourisme: la fermeture des frontières a eu raison de Tanger

«C’est du jamais vu. Nous nous sommes retrouvés avec zéro client durant une nuitée en cette fin d’année». Ce témoignage est celui d’un acteur hôtelier tangérois. Opérant dans un établissement relevant d’une grande chaîne 5 étoiles implantée dans plusieurs villes du Maroc, il a constaté «zéro» réservation pendant certains des derniers jours de l’année 2021. La situation est telle, précise notre source, que le management de la chaîne hôtelière s’est déplacé depuis Casablanca pour voir ce qui n’allait pas.

«À vrai dire, cette situation a été relevée depuis le début de la pandémie. Il n’y pratiquement plus de touristes à Tanger. Nous avions l’habitude d’avoir de nombreuses réservations d’appartements meublés ou de studios, mais là, c’est absolument calme, rien du tout», confirme un opérateur immobilier. La capitale du Nord et sa région sont, certes, des destinations balnéaires prisées durant la saison estivale, mais avec les vacances de fin d’années, de nombreux MRE, mais aussi des touristiques européens venaient s’y reposer. «Cette année, nous n’avons rien vu de tout cela», se désole un professionnel actif dans l’immobilier. Chez les hôteliers, c’est le haut de gamme qui a le plus été affecté, notamment les 4 et 5 étoiles.

L’estocade
Et pourtant, le temps ensoleillé était bien au rendez-vous durant les derniers jours de 2021. Cependant, la fermeture des restaurants à minuit et l’interdiction de toute activité festive dans les hôtels de la ville, sans parler du couvre-feu nocturne du Nouvel an, ont faussé les calculs des restaurateurs. Au niveau du port de pêche de Tanger, où les familles ont l’habitude de converger en journée, l’ambiance était au rendez-vous comme à l’accoutumée. Idem à la marina et sur la corniche, destinations incontournables pour les visiteurs de la ville. Toutefois, sur place, c’est uniquement en journée et en début de soirée que les restaurateurs ont pu profiter de cette affluence, toute relative, de visiteurs. Ce qui, pour les professionnels régionaux du tourisme, constitue une véritable estocade, après une année 2021 qui a fait naître un certain espoir de reprise, mais s’est finalement soldée par de très nombreuses restrictions.

Désarroi
Au niveau du Conseil régional du tourisme (CRT) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, on peine à se remettre de ce marasme, malgré les différentes opérations d’attractivité touristique organisées durant ces derniers mois. Au vu de la reprise du Covid, certains professionnels locaux du secteur demeurent pessimistes pour l’année qui vient de démarrer. Un sentiment partagé par l’Association régionale de l’industrie hôtelière, ou encore l’Association régionale des agences de voyages, sans parler des guides touristiques.

Rotations maritimes
En tout cas, il faut le rappeler, à Tanger, la fermeture des frontières prend une autre tournure, sachant qu’elle concerne aussi les rotations maritimes. Ce qui impacte considérablement l’activité portuaire aussi bien au niveau du trafic de passagers à Tanger Med que dans les autres ports, notamment Tanger Ville. Ces portes d’entrée du Royaume souffraient déjà de l’arrêt des liaisons maritimes avec l’Espagne. À la Marina de Tanger, également, les arrivées des plaisanciers sont toujours interdites, retardant, de ce fait, toute véritable reprise du secteur touristique dans la ville. Au regard de l’effet d’entrainement considérable pour la région du secteur maritime sur les autres activités, c’est toute l’économie des villes du Nord qui en prend un sérieux coup.

Abdellah Benahmed / (avec Les Inspirations ÉCO)


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