Rabat: un homme d’affaires a retiré 20 milliards après sa mort

Non, il ne s’agit pas d’un polar ou d’un roman de Prosper Mérimée jamais publié, mais bel et bien d’une histoire véridique et macabre ayant eu pour théâtre la ville de Rabat.

Selon le quotidien Assabah, qui nous gratifie de ce fait divers, un homme d’affaires, connu dans la capitale, est décédé en 1990. Or, depuis sa disparition, les mouvements de retrait de son compte ou le transfert d’argent vers un autre se sont poursuivis jusqu’en 2015.

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Les révélations du quotidien ont pour origine une expertise ordonnée par le tribunal de commerce de Rabat, suite à un courrier du cabinet du ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid.

L’expertise en question a démontré que des millions de dirhams ont été retirés par le défunt ou qu’il en a ordonné le transfert vers un autre compte ou encore qu’il a opéré d’autres transactions en son nom, en dépit de sa mort depuis un quart de siècle.

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L’expertise, visée et approuvée la semaine dernière, a donc prouvé la poursuite des mouvements de transactions bancaires des sociétés appartenant au disparu. Elle a également révélé les modes de falsification touchant un ensemble de comptes bancaires et des tentatives « d’enterrer le mort » sans le recours aux procédures juridiques en vigueur.

Le quotidien évoque la tentative de résilier définitivement la signature du défunt et de la remplacer par une autre, ce que la banque a refusé, exigeant la présence en personne du concerné.

L’expertise a également dévoilé, documents à l’appui selon Assabah, que dix ans après son décès, un changement de signature a été accepté par l’une des banques avec laquelle il traitait des transactions concernant des marchés publics. Cette nouvelle signature a été adoptée, comme s’il était encore en vie. Evidemment différente de l’originale apposée lors de l’ouverture du compte bancaire n° 1972, elle est accompagnée de deux autres signatures qui ont été rajoutées !

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Le quotidien précise que lorsque les héritiers du milliardaire ont déposé une plainte, auprès du procureur général, pour falsification de la signature de leur père défunt et pour la spoliation de leur héritage, le dossier a été transféré au parquet général près le tribunal de première instance de Rabat et a été classé, sans raison.

Ils se sont alors adressés au tribunal de commerce qui a ordonné l’expertise.

Le quotidien affirme que selon les documents en sa possession les accusés impliqués sont deux frères du défunt, le fils de l’un d’eux et deux notaires. Il ajoute que les premières estimations révélées par l’expertise dépassent 16 milliards de centimes. Les héritiers ont aussi appris le détournement de pas moins de 50 autres milliards et bien d’autres affaires…

Noureddine Boughanmi

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