Qui est Zine El Abidine Houass, le président de commune accusé de tous les maux?

L’arrestation de l’ex-député et président de la commune de Had Soualem dans la province de Berrechid (Région de Casablanca-Settat) a été ressentie par les membres de sa tribu des Ouled Hriz comme une humiliation et un déshonneur. En effet, le mis en cause dans des affaires de corruption, de malversations et d’abus de confiance appartient à l’une des branches d’une tribu dont les membres ont toujours été considérés comme des notables.

C’est dans ce milieu que Zine El Abidin a vu le jour en 1975. Il n’a pas pour autant brillé dans sa scolarité où il n’a atteint que le cycle du secondaire, pour se lancer dans le courtage notamment en alimentant le marché de gros de Casablanca en pommes terre. Une activité qui lui a assuré des revenus honorables et qui lui a ouvert les yeux vers des horizons politiques. C’est ainsi, qu’en 1997 il s’est présenté aux élections municipales et a remporté un siège de conseiller dans la commune de Jwalat R’mal. Ayant senti que ce domaine pourrait lui rapporter gros, il a brigué le poste de président de la commune de Sahel en 2003. Mais la réussite n’était pas au rendez-vous.

Il a pris, cependant, sa revanche, en 2009 lorsqu’il a réussi à devenir président de la municipalité de Had Soualem et en même temps à remporter un siège de conseiller à la deuxième chambre au sein du groupe du PAM. Zin El Abidin est désormais maître chez lui et personne ne peut se mettre sur son chemin. Ses ambitions grandissaient au fur et à mesure que ses activités fructifiaient.

Mais c’était compter sans l’oeil vigilant des autorités de tutelle qui ont diligenté des enquêtes et procédé à l’audit de la commune pour s’apercevoir que le président violaient systématiquement les lois et les règles qui régissent la gestion communale. Des dysfonctionnements graves qui lui ont valu d’être suspendu par le ministère de l’intérieur au début de l’année 2015. Cette décision n’a pas été de son goût, puisqu’il a déposé un recours auprès du tribunal administratif. Mais entre-temps, il a été débarqué du PAM, pour se retrouver sans parapluie politique.

Finalement, il intègre le parti de l’Istiqlal dans les rangs duquel il réussit à faire sa réapparition à l’hémicycle en compagnie de son épouse qui a été placée à la tête de la liste nationale. D’ailleurs, une vive polémique agite actuellement le parti de la balance où Chabat, Yasmina Baddou et El Kadiri se jettent la balle pour s’accuser mutuellement d’avoir délivré l’accréditation à Zine El Abidin Houass.

La suite de l’histoire est connue, puisque tous les promoteurs et investisseurs qui se décident d’aller à Had Soualem et s’y implanter doivent passer à la caisse. Plus de 200 plaintes ont fini par confondre ce président de commune vorace, dont la dernière concernait un pot de vin de 800.000 dirhams. Pendant ce temps, certains continuent à douter du chiffre de 200 millions de dirhams que les médias ont présenté comme étant le montant du magot découvert dans son coffre-fort personnel et dans un de ses comptes bancaires. Triste fin.

Naïma Lembarki et Taoufik Jdidi


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