Quand le Maroc et l’Algérie s’unissent pour défendre le couscous

Voilà un délicieux mets maghrébin dont on se dispute la paternité! Pour nous, Marocains, le couscous, le vrai aux sept légumes, est bel et bien de chez nous. Nos voisins de l’est veulent se l’approprier même si leur couscous ne ressemble en rien au nôtre. Quant à celui de la Tunisie, il y en a qui ne l’apprécient pas à cause de sa hrissa et sa couleur rougeâtre! Mais, ne dit-on pas que « tous les goûts sont dans la nature »? Chacun son couscous alors, mais il est indéniable que, recettes différentes, ingrédients différents et saveurs diverses, le couscous est bien maghrébin!

Et dans ce cadre, avec l’objectif d’inscrire ce repas sur la liste du patrimoine de l’UNESCO, idée algérienne, les pays du Maghreb vont de concert concocter à feu doux un dossier sur le sujet.
Et c’est toujours sur la suggestion de notre voisin de l’est, d’après le site TSA (Tout sur l’Algérie) que des experts marocains, tunisiens et mauritaniens se sont réunis, dimanche 13 mai à Alger, au Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques historiques. Ceci, pour élaborer un dossier commun sur le sujet.
Slimane Hachi, directeur du CNRPAH, déclare que ledit dossier devrait être remis à l’instance onusienne avant le 31 mars 2019. La réunion était donc un prélude sur ce mets qui « nous identifie, identifie nos peuples, nos régions et nos pays » depuis la nuit des temps, avait-il ajouté, selon TAS, en relevant que ce mets maghrébin commun est toutefois marqué par une extrème diversité.
De son côté, le représentant du ministère de la Culture du Royaume, Mustapha Nami, n’a pas manqué de louer cette initiative du CNRPAH, « un dossier qui nous tient à coeur » concernant « un élément fédérateur de la communauté de l’Afrique du Nord ». Il a toutefois tempéré l’enthousiasme marocain en exprimant le regret que cette collaboration ne soit pas au niveau
que tous souhaitent car « nous avons beaucoup de choses à faire en matière de patrimoine culturel ». Au Maroc, ainsi que les autres pays maghrébins, « le couscous est présent chaque jour. C’est un plat qui s’adapte à son environnement » a ajouté Mustaha Nami, tout en relevant la diversité de la recette selon chaque région et les différentes techniques de préparation. De même, pour conclure son intervention, a-t-il proposé un intitulé provisoire au projet: »Savoirs et rituels liés au couscous » et a suggéré qu’il y ait un accord sur la méthodologie et sur le calendrier de la collaboration commune.
A son tour, Faouzi Mahfoud, directeur de l’Institut national du patrimoine de Tunisie, a insisté sur la nécessité de classer le couscous qui est une manière de le protéger car ce patrimoine « est aujourd’hui menacé ». Il a également mis en exergue la particularité de ce mets qui distingue les Maghrébins des autres pays. Devenu plat national en France, il risque d’être « piraté », de la même façon que la harissa tunisienne dont Israël veut s’accaparer la paternité, a averti le représentant du Pays du Jasmin.
Quant à Namy Mohamed Kaber Salihy, conservateur national du patrimoine et de la culture en Mauritanie, il a confirmé l’adhésion de son pays au projet, « surtout que la convention de l’UNESCO encourage l’inscription des éléments du patrimoine en partage (…), a-t-il souligné. Et de rappeler que le couscous, datant de la période d’Ibn Khaldoun, est présent à toute occasion sur la table mauritanienne, même si chaque région a sa recette propre.
A noter que le dossier maghrébin sur le couscous qui nous lie, alors que d’autres sujets plus importants qu’un sujet gastronomique, tout succulent qu’il soit, nous séparent, hélas, sera réalisé conformément à la Convention de l’UNESCO, datant de 2003, et se rapportant à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Larbi Alaoui


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