Protection sociale: Dr Himdi insiste sur la réforme de la pratique médicale

La réforme de la pratique médicale constitue une «priorité vitale urgente» pour accompagner les chantiers de généralisation de la couverture médicale et du nouveau modèle de développement, a souligné le docteur et chercheur en politiques et systèmes de santé, Tayeb Himdi.

Dans une analyse intitulée «Il n’y a pas de développement sans santé et pas de santé sans professionnels de la santé», Dr Himdi a indiqué qu’une refonte du système de la santé, selon les Hautes Orientations royales, représente non seulement une opportunité d’améliorer les services de santé et de mettre en oeuvre le droit à la santé pour tous les Marocains, mais aussi une pierre angulaire pour un décollage économique et une opportunité pour faire du Maroc une plateforme sanitaire et médicale qui répond aux besoins des Marocains et ceux des pays voisins d’Afrique, du monde arabe et même de l’Europe.

Selon le chercheur, le grand chantier initié par le roi Mohammed VI visant la généralisation de la couverture médicale a imposé une tendance forte et courageuse à reconsidérer le système de santé, à remédier à la faiblesse des ressources humaines, à réformer les caisses d’assurance maladie et à revoir la formation médicale et la mise à niveau de l’industrie pharmaceutique nationale.

Il a estimé que l’une des priorités de la réforme consiste à former plus de médecins et professionnels de santé marocains, à rechercher les causes derrière la migration des médecins et à encourager le retour au Royaume des cadres médicaux marocains.

Il a souligné, à cet égard, que la qualification de l’élément humain, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation, est l’une des conditions les plus importantes pour la réussite du nouveau modèle de développement, notant que le Royaume a besoin de 32.000 médecins et 65.000 professionnels de la santé pour couvrir les besoins actuels, selon les normes minimes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La généralisation de la couverture médicale aura dans l’immédiat une pression sur les services de santé et les ressources humaines, alors que la croissance démographique, le vieillissement de la population et la propagation des maladies chroniques exerceront une pression supplémentaire dans les prochaines années, a noté M. Himdi, mettant l’accent sur l’urgence de la formation de dizaines de milliers de médecins et de professionnels de santé marocains, l’ouverture de nouveaux facultés, centres hospitaliers et centres de formation, et d’une révision du système de formation et des études médicales en fonction des besoins nationaux.

Après avoir noté que la pandémie de Covid-19 a mis en relief l’importance de s’appuyer sur les capacités nationales, y compris les ressources humaines, l’industrie pharmaceutique et d’autres exigences qui assurent la sécurité sanitaire nationale, Dr Himdi a souligné la nécessité de lutter contre la migration des cadres médicaux marocains (sur les 2.100 médecins qui sont formés annuellement au Maroc, 600 à 700 migrent pour travailler hors du Royaume), appelant à améliorer les conditions d’exercice de la médecine qui permettront d’arrêter cette hémorragie et d’inverser cette tendance afin que les médecins marocains à l’étranger retournent exercer dans leur pays d’origine.

Le chercheur a assuré que le Royaume a besoin de former davantage de cadres, dans un processus qui «prendra du temps même si nous nous y engageons à partir d’aujourd’hui», alors que le besoin en cadres médicaux se fera sentir dès les prochains mois, avec la généralisation de la couverture médicale, ce qui fait du recours à des médecins étrangers une « nécessité urgente ».

«Il est naturel que notre pays s’ouvre aux médecins étrangers, car cette diversité contribuera inévitablement à enrichir notre système de santé avec différentes expériences et expertises. Cette ouverture encouragera les investissements étrangers dans le secteur de la santé à choisir le Maroc comme destination (…), ce qui profitera au système de santé dans son ensemble», a-t-il estimé.

Abordant les défis posés par cette ouverture, Dr Hamdi a fait observer qu’il y a un accord général pour tenter l’expérience en se projetant vers l’avenir avec de nouveaux outils, notamment en révisant la formation médicale au Maroc et en s’attaquant aux causes de la migration des médecins marocains en vue d’encourager leur retour dans leur pays d’origine et de bénéficier des compétences et des investissements étrangers dans le domaine de la santé.

Il a mis l’accent sur l’importance de se concentrer sur la formation et l’efficacité des cadres étrangers, expliquant dans ce sens que la formation médicale, sa méthodologie, sa structure et sa durée diffèrent d’un pays à l’autre, selon les besoins de chaque pays.

«Il faut donc s’assurer que le cursus de formation des médecins étrangers soit compatible avec les attentes de la politique de santé de notre pays», a-t-il insisté.

En ce qui concerne la répartition des médecins étrangers – et leurs homologues marocains – dans les régions du Royaume, le chercheur a relevé que toute réforme a pour objectif de contribuer à résoudre les problèmes existants et non à les approfondir, soulignant l’importance d’activer la carte sanitaire, qui détermine les besoins selon chaque région pour une répartition équitable des services de santé, afin de rapprocher les services de santé des citoyens partout où ils sont, et de garantir l’égalité des chances en matière du droit à la santé.

Selon le chercheur, la carte sanitaire, qui concerne aussi bien les médecins étrangers que marocains, doit être obligatoirement activée dans le secteur public mais aussi dans le privé.


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