Polémique sur une éventuelle fermeture de Centrale Danone au Maroc

Les derniers propos du ministre des affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, ont suscité l’inquiétude de nombreux éleveurs et employés de Centrale Danone, l’une des entreprises visées par la campagne de boycott.

Ce dernier avait exprimé, le 8 mai à la chambre des représentants, sa crainte que l’entreprise française ferme sa filiale marocaine à cause du boycott de ses produits. «J’ai peur et je dois dire la vérité aux Marocains. L’investisseur craint pour ses intérêts et peut, du jour au lendemain, décider de mettre la clé sous la porte. On est en pleine lutte pour empêcher Centrale Danone de prendre une décision radicale», avait-il expliqué.

Dans une déclaration à Le Site info, un employé de Centrale Danone a affirmé que l’heure est grave au sein de l’entreprise, précisant que tous les employés ont aujourd’hui peur de perdre leurs postes. «On est effrayé à l’idée de la fermeture. Que ferons-nous dans ce cas-là ? Comment allons-nous subvenir aux besoins de nos famille ?», s’est-il demandé.

Un responsable de Centrale Danone a toutefois tenté de calmer ces craintes en affirmant à Le Site info que l’entreprise ne fermera pas ses portes. «L’idée n’est pas à l’ordre du jour et n’a jamais été évoquée. Mais je ne vous cache pas que les propos de Daoudi sont irresponsables et déplacés. C’est lui qui est censé défendre les intérêts des consommateurs et des employés de l’entreprise», a-t-il assuré.

Le responsable a ajouté que Centrale Danone, bien qu’elle soit étrangère, a toujours considéré comme une priorité les intérêts du consommateur et de l’employé au Maroc. «Le ministre n’a qu’à garder le silence tant qu’il n’est pas habilité à trouver des solutions pour cette crise», a-t-il tranché.

Pour sa part, l’activiste Abdelaziz El Abdi a lourdement taclé Lahcen Daoudi, qualifiant ses propos «d’aléatoires». «Vous faites subir un chantage émotionnel à la conscience du peuple parce que vous ignorez les lois. Centrale Danone ne peut pas fermer ses portes, abandonner les éleveurs et jeter ses employés dans la rue. Le code du commerce stipule que l’Etat a le droit d’intervenir pour sauver une entreprise de la crise bien qu’elle soit étrangère. Au cas où ses responsables décident de quitter le navire, le tribunal administratif nomme un syndic chargé de la gestion de la société et de la protection de ses employés», a-t-il expliqué sur sa page officielle.

Mohamed Mahla – Noura Mounib

 


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