Mission française: Jusqu’où iront les frais de scolarité ? Entretien

Le système français au Maroc continue d’être adulé. Chaque année, on assiste à des demandes d’inscription massives. Dans l’incapacité d’accueillir l’ensemble des candidats, un test pour les départager est organisé.  Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français à l’étranger, revient sur cet engouement dans un entretien accordé aux Inspirations ECO.

Quel est le positionnement actuel de l’AEFE dans un  pays comme le Maroc ?
Le réseau AEFE d’enseignement français au Maroc est très important pour la France. C’est le deuxième dans le monde après le Liban. Il est en forte croissance et il continue d’être soutenu avec près de 49.000 élèves français dans les Établissements en gestion directe (EGD), l’Office scolaire et universitaire international (OSUI) et les établissements partenaires. À noter que l’AEFE assume la responsabilité de l’ensemble du réseau. Pour mémoire, ce dernier comptait 38.000 élèves en 2018.

Ce nombre a augmenté de 10.000 en quatre ans. La croissance du réseau est tirée par la création d’établissements partenaires mais également celle des EGD (300 élèves en plus), lesquels ont tous ouverts des petites sections en maternelle. Les EGD pèsent 40% du réseau au Maroc. Les dimensions des établissements sont déjà très grandes avec 19 EGD, regroupés en 5 pôles (8.000 élèves à Casablanca, 6. 000 à Rabat…), mais nous devons réfléchir à comment répondre à la demande de scolarisation de nouvelles familles chaque année. Les EGD souffrent, pour des raisons administratives françaises, de ne pouvoir se développer comme cela serait nécessaire

Quelles perspectives pour le réseau dans le Royaume ?
Il va continuer de se développer avec le nombre croissant d’élèves à scolariser mais cela doit se faire avec l’accord des autorités marocaines qui, aujourd’hui, ne sont pas très favorables à l’ouverture de nouveaux établissements, notamment à Rabat et Casablanca. Ce qui laisse entrevoir des perspectives de développement en interne. Il faudrait construire de nouveaux EGD car les établissements actuels sont très grands. Ceci n’est pour l’instant pas possible, ce qui explique la multiplication des établissements partenaires qui ont ouvert plus de 10.000 places en quatre ans, comme signalé auparavant.

Au Maroc, la demande est grandissante et les places restent limitées. Selon quelles modalités s’effectue le dispatching entre les différents établissements, notamment l’OSUI, sachant les choix effectués par les parents ne sont pas pris en compte ?
Le service culturel de l’ambassade pilote les dispositifs d’inscriptions pour les EGD et OSUI. Il existe donc un système de répartition. La pression se fait sentir plutôt sur Rabat et Casablanca.

Les frais de scolarité ont connu des augmentations récurrentes ces dernières années, comment l’expliquer ?
Les frais de scolarité évoluent en fonction de l’augmentation des coûts de fonctionnement. Au Maroc, ils sont inférieurs à la plupart des frais des établissements dans le monde. Pour les Français, les droits de scolarité sont entre 2.900 et 3.600 euros, la moyenne du réseau étant à 6.000 euros. Pour les Marocains, ils varient de 3.700 à 4.700 euros. L’aide nette de l’État français est de 2.120 euros par élève, qu’il soit Français ou Marocain. Cet effort financier est réalisé dans le cadre de la coopération éducative entre nos deux pays.

L’agence apporte une aide globale nette de 40 millions d’euros aux établissements. Peut-on s’attendre à une hausse éventuelle ?
Compte-tenu de l’augmentation de l’inflation et du coût de fonctionnement, des augmentations de l’énergie, des transports et de la masse salariale, les établissements travaillent avec la communauté scolaire pour limiter cette hausse au maximum mais sont tenus, par ailleurs, d’équilibrer leurs comptes. Les élus sont mobilisés pour limiter les augmentations autant que faire se peut.

L’on constate que les établissements se sont mis au diapason quant à la tendance des écoles internationales, et pourtant, le niveau en anglais, en l’occurrence, n’est pas vraiment au point ?
Le niveau en anglais progresse dans tous les établissements, et les résultats en attestent. S‘il y a des insuffisances, c’est aux établissements de les gérer. Pour autant, il y a eu 99,1% de réussite au Bac au mois de juin dernier avec 22% de mentions très bien. Il me semble que les chiffres sont parlants.

Des rumeurs laissent entendre que certains élèves sont admis dans l’établissement de leur choix, en contrepartie d’une somme d’argent. Qu’en pensez-vous ?
Ce sont des bruits de couloir, et si cela devait être prouvé, ce serait grave et les sanctions seraient sévères. Les services concernés sont très à cheval sur ce genre d’agissements. De plus, le système de transfert a été réactivé et prend en considération les demandes exprimées.

Maryam Ouazani / Les Inspirations ÉCO

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