Meknès: un imam sanctionné pour un violent réquisitoire

Les villes de Martil et d’El Hajeb ont été prises à partie par un imam de Meknès, lors de son prêche de vendredi dernier. Le Dr Abdelaziz Ismaili, professeur d’études islamiques à la faculté des lettres et des sciences humaines Moulay Ismail, n’y est pas allé de main morte concernant ces deux villes marocaines qu’il a traînées dans la fange. Mais quelle mouche l’avait donc piqué?

Il n’aurait manqué que le salafiste ne qualifie Martil et El Hajeb de Sodome et Gomorthe du 21ème siècle, tant son réquisitoire a été d’une violence inouïe et extrémiste. Et la réaction des responsables communaux des deux cités ne s’est pas fait attendre, protestant énergiquement contre cet affront fait aux populations d’El Hajeb et de Martil.

Aussi, Abdelouahid Hakim, président de la commune d’El Hajeb (Mouvement populaire/MP), et Hicham Bouanane, président du Conseil municipal de Martil (Parti du Progrès et du Socialisme/PPS), ont-ils respectivement adressé une correspondance au ministre des Habous et des affaires islamiques, et au gouverneur de la province d’El Hajeb, dans ce sens.

À Ahmed Toufiq, comme à Zine El Abidine El Azhar, on s’insurge contre “la médisance calomnieuse proférée par l’imam de la mosquée “Sbata” de Meknès. Et de demander que les mesures nécessaires contre “cet individu insensé qui a osé transgresser l’honneur des citoyens”, soient prises dans les plus brefs délais.

Dans ces deux correspondances de doléances outragées, dont Le Site Info détient copie, on pointe vigoureusement le prédicateur de Meknès. Et l’on rappelle que celui-ci, lors de la prière de vendredi, du 3 Chaoual 1440 de l’Hégire, correspondant au 7 juin 2019, a osé  qualifier la ville d’El Hajeb d’abjects adjectifs contraires à la morale, ce qui n’a pas manqué de provoquer l’indignation et l’ire de la population.

De son côté, Hicham Bouanane, via sa page officielle Facebook, a interpellé l’imam mis en cause. “Il ne sert à rien de prétendre ne pas avoir voulu nuire à l’image de nos deux villes ou de prétendre que l’auditoire a mal compris le prêche”, écrit le président PPSiste du Conseil de Martil.

“Tout le monde a entendu vos allégations et vos accusations sur une ville avec laquelle rien ne vous lie (…). Que savez-vous donc de Martil et de ses habitants pour avoir proféré de telles horreurs?”, interroge-t-il l’imam de Meknès. Et de se demander si celui-ci connaît au moins la ville du Nord du Royaume et s’il s’y était rendu au moins une fois dans sa vie.

Le message est parvenu aux autorités compétentes, en la personne d’Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des affaires islamiques, et de Zine El Abidine El Azhar, gouverneur de la province d’El Hajeb. Et les deux villes, si honteusement calomniées par un imam, censé répandre la bonne parole et prêcher la paix et la sérénité, souhaitaient que justice leur soit rendue et que leur honneur bafoué dans la maison de Dieu soit réparé. Aux dernières nouvelles, l’imam a été suspendu jusqu’à nouvel ordre. Le rapport qui a été remis à Ahmed Toufiq indique qu’il n’a pas respecté les règles du prêche et a dépassé les limites.

Larbi Alaoui (avec Mohamed Fernane)

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