Un conseiller du roi Mohammed VI se prononce sur la campagne de boycott

La campagne de boycott continue de plus belle et ne cesse de faire réagir intellectuels, acteurs des droits de l’Homme, ainsi que de nombreux Marocains. Cette fois-ci, c’est au tour de l’universitaire et érudit marocain, Abbès Jirari, de se prononcer sur le sujet.

Auteur également de dizaines d’oeuvres sur le patrimoine culturel arabo-musulman, Abbès Jirari, qui a été nommé conseiller du roi Mohammed VI en 2000, n’hésite pas à s’exprimer à coeur ouvert sur plusieurs thèmes, dont celui de la présente campagne de boycott visant trois importantes entreprises de la place, depuis déjà de cela plus de trois mois.

Aussi dans un entretien accordé au quotidien Akhbar Al Yaoum de ce mardi 10 juillet, Abbès Jirari a-t-il qualifié ladite campagne de « mouvement civilisationnel et d’expression de liberté inconditionnelle ».

« Un tel mouvement ne saurait rester anarchique. Ce qui ferait bien l’affaire d’arrivistes qui risqueraient de l’exploiter pour d’autres desseins autres que celui, noble et citoyen, pour lequel il a été initié », assène Jirari, tout de go. Et au lieu d’instaurer un projet de loi à l’encontre du boycott, il serait plus judicieux pour les responsables d’appréhender les vraies causes de cette campagne citoyenne et d’exiger que les hommes d’affaires et le gouvernement en répondent, et non pas le peuple, a-t-il ajouté.

Les réalités sociétales devraient être prises en compte. D’un côté, il y en a qui brassent des milliards, alors que d’autres classes sociales démunies vivent dans la précarité et ne peuvent rien faire face à la cherté de la vie, a regretté l’éminent universitaire. Surtout, sachant que les richesses du Maroc sont susceptibles de garantir à tout un chacun une vie digne, selon le métier exercé et les compétences personnelles, renchérit Jirari, en réponse à une question du journal arabophone.

Le conseiller du roi Mohammed VI s’étonne que des lauréats de hautes études croupissent dans les affres du chômage quatre ans après l’obtention de leurs diplômes. D’autres ont préféré, malgré eux, migrer vers d’autres cieux plus cléments et font notre fierté à l’étranger. Cette fuite de cerveaux, de médecins, d’ingénieurs et autres compétences, constitue une perte énorme pour le Maroc. « Comment peut-on imaginer que l’Etat dépense tant d’argent pour former un étudiant pour en faire don à un autre pays? », s’insurge Abbès Jirari.

A une autre question d’Akhbar Al Yaoum, il répond que le Maroc a la chance de vivre sous un régime stable, qu’est la monarchie constitutionnelle, et que le Souverain a insisté, dans ses récents discours, afin que le Royaume ait une impulsion du modèle de développement, rappelle Jirari. « Cependant, qui a répondu à cette sollicitation royale? Où sont les experts en développement? Où se cachent donc les responsables susceptibles de proposer des alternatives et de les concrétiser sur le terrain? », s’est-il amèrement interrogé.

Larbi Alaoui

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