Maroc: plus de dix mille enseignants prêts à quitter le navire

Le « Sauve qui peut » est le cri de ralliement de quelque dix mille enseignants aux quatre coins du pays. Il consiste en la demande de la retraite anticipée et a pour raisons les problèmes et autres dysfonctionnements du système éducatif défaillant de l’école publique.

A noter que seuls les enseignants ayant une ancienneté de trente ans, sans compter les périodes de congés de maladie ou des arrêts de travail dus à une sanction disciplinaire, peuvent prétendre bénéficier de cette option.
La Une du quotidien Al Massae consacre un article sur ce choix de milliers d’enseignants qui, malgré leur amour pour la profession, veulent dire prématurément adieu à la classe. Ce sont principalement les grandes villes comme Casablanca, Salé, Fès, Tanger et Rabat qui comptent le plus grand nombre de demandes de retraite anticipée.
Et les nouvelles instructions du ministère de l’Education nationale ne sont pas étrangères à ce départ massif et n’ont pas toutes eu l’adhésion du corps enseignant. Parmi les décisions ayant pu motiver cette décision de quitter la classe avant l’âge légal de la retraite, nous en citons quelques unes: la nouvelle obligation d’enseigner les matières scientifiques en français pour des professeurs ayant été formés et ayant exercé leurs fonctions en arabe; le changement intempestif de manuels scolaires dont certains ne sont même prêts et, donc, sont introuvables; l’anarchie ambiante de nos établissements scolaire aidée le laxisme des directeurs et autres surveillants généraux qui ferment les yeux devant l’indiscipline, les provocations de certains énergumènes faits élèves et laissent l’enseignante(e) se débrouiller dans certaines salles de classes ressemblant à des cages aux lions….
Selon le journal ils seraient même plus de douze mille enseignants, tous cycles confondus, prêts à quitter le navire de plus en plus menacé par un naufrage pédagogique annoncé depuis déjà des années. Et au lieu du surnombre de personnel enseignant que connaissaient nos établissements, surtout dans les grandes villes, il n’y a pas si longtemps, cette opération massive de retraite anticipée va créer un déficit énorme dans l’effectif de celles et de ceux « qui ont failli être prophètes », selon le célèbre vers de la non moins célèbre poésie chantant les qualités de l’instituteur et que la dure réalité du terrain contredit chaque jour davantage.

Larbi Alaoui


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